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Vladimir Poutine, Angela Merkel, Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron après une conférence lors d’un sommet organisé afin de trouver une solution politique durable au conflit syrien, le 27 octobre 2018 à Istanbul.

La France a-t-elle encore une politique syrienne ?

43 min
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Pas un jour ou presque sans bombardement ou sans attentat, en Syrie. Hier, une attaque de Daesh, à Damas. Un mort, un civil. Hier encore, un raid aérien sur un marché. Une quarantaine de civils, tués.

Vladimir Poutine, Angela Merkel, Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron après une conférence lors d’un sommet organisé afin de trouver une solution politique durable au conflit syrien, le 27 octobre 2018 à Istanbul.
Vladimir Poutine, Angela Merkel, Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron après une conférence lors d’un sommet organisé afin de trouver une solution politique durable au conflit syrien, le 27 octobre 2018 à Istanbul. Crédits : Bertrand Guay - AFP

C’était dans la province d’Idleb, dernier bastion rebelle à résister à l’avancée de l’armée syrienne - armée largement soutenue par les Russes et les Iraniens. La guerre continue donc, elle s’enlise même : un peu plus de 8 ans après avoir commencé.

Cela dit, voilà que des pays commencent à parler de nouveau avec la Syrie. Des pays arabes, essentiellement. Mais pas seulement : l’Autriche et la Hongrie, par exemple, pensent à renouer des relations, alors que, dans d’autres pays, ce sont quelques électrons libres, voire dérangeants, qui parlent avec Damas.

C’est le cas de la France, où quelques élus ont multiplié les voyages ces dernières années. La France qui semble marginalisée. Ambassade fermée depuis mars 2012, relations détestables - pour plusieurs raisons : des mots très durs prononcés contre Bachar el-Assad, un soutien appuyé à certains groupes rebelles et des velléités d’intervention armée contre le régime – c’était le cas en 2013, après une attaque chimique. Riposte évoquée, finalement écartée. Le Royaume-Uni et les États-Unis y avaient renoncé. 

Cela dit, Paris a envoyé des soldats sur le sol syrien, des forces spéciales pour combattre Daesh. Une présence militaire dont les autorités françaises pensent pouvoir se servir, dans d’éventuelles négociations, diplomatiques et économiques. Des négociations qu’un sujet pourrait d’ailleurs rendre quasi obligatoires : la présence en Syrie de djihadistes français et la question de leur éventuel retour en France.

Bref, la France a-t-elle encore une politique syrienne ?

La France n’a pas de relations avec le régime syrien. Cela ne veut pas dire pour autant qu’elle n’a pas d’influence sur ce dossier. Sa priorité est Daech et le nord-est du pays. Si la France reste sur ce territoire, c’est avant tout pour participer à une action collective et pour empêcher que Daech ne renaisse de ses cendres. Tant que Bachar el-Assad sera au pouvoir, la Syrie restera un terreau fertile pour le terrorisme. Michel Duclos

Bachar el-Assad est la clé de voûte d’un système qui se rapproche du système féodal, avec un suzerain et des vassaux. Il y a des interventions iranienne et russe, mais il est assez futé pour jouer sur cette concurrence, ce qui lui donne une petite marge de liberté. La Russie et l’Iran savent qu’il reste indispensable à ce système. Fabrice Balanche

Nous sommes face à deux processus contradictoires : d’une part, on observe une volonté de normalisation de la part du régime syrien, ce qui passe par la reconnaissance nette de sa victoire militaire et non pas par une ouverture politique. D’autre part, il y a aussi une volonté de négociation : tous les acteurs politiques avaient foi en une issue politique, mais un régime qui a gagné militairement n'est pas enclin à négocier. Manon-Nour Tannous

Intervenants
  • Ancien ambassadeur de France en Syrie, conseiller spécial à l’Institut Montaigne
  • maître de conférence HDR en géographie à l’Université Lyon 2, auteur de « Géopolitique du Moyen-Orient » (La Documentation française, 2014).
  • Politologue, maître de conférences à l'Université de Reims, enseignante à Sciences Po et chercheure associée au Centre Thucydide (Université Paris II) et au Collège de France (chaire d’histoire contemporaine du monde arabe)
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