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Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à l’École Nationale d’Administration Pénitentiaire le 6 mars 2018 à Agen, dans le sud de la France.

Macron saura-t-il vaincre la technocratie ?

43 min
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C’est une volonté qui est apparue dès sa campagne présidentielle : celle de réformer la haute administration, de transformer la haute fonction publique. Emmanuel Macron a mis près de 3 ans à faire en sorte que ce désir commence à se réaliser.

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à l’École Nationale d’Administration Pénitentiaire le 6 mars 2018 à Agen, dans le sud de la France.
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à l’École Nationale d’Administration Pénitentiaire le 6 mars 2018 à Agen, dans le sud de la France. Crédits : Mehdi Fedouach - AFP

À cela, plusieurs étapes : les plus récentes d’abord. En mai dernier, le chef de l’État a réaffirmé son intention de politiser les nominations de hauts fonctionnaires – sujet déjà évoqué au début de son mandat.

La question de l'ENA est d'abord liée à celle du classement de sortie car c'est celui-ci qui définit les carrières et l'appartenance aux grands corps. Il y a un problème de hiérarchisation sociale qui va jouer très tôt dans les carrières et qui est remis en question par les élèves eux-mêmes. Luc Rouban. 

En avril, il a frappé fort : il a annoncé la suppression de l’ENA et celle des grands corps de l’État. Le choc n’est pas encore passé... Sans oublier – là c’est un peu plus vieux, cela a deux ans – la réduction drastique du nombre de conseillers dans les cabinets ministériels.

Il faut des comptables dans la haute fonction publique, mais il faut aussi des fonctionnaires imaginatifs qui pensent à l'avenir. La finance a mangé la prospective. Il n'y a plus d'expertises multiples : penser au-delà de six mois est considéré comme irresponsable. Laurent Mauduit.

Bref, un système secoué, ébranlé par des décisions prises, ce n’est pas anodin, dans un contexte de défiance. Défiance contre les élites, et particulièrement contre les hauts fonctionnaires, les technocrates, accusés, entre autres, d’être formatés et déconnectés des réalités. Des grands commis de l’État qui contestent ces accusations et les réformes annoncées par le président.

On ne peut pas reprocher à la haute fonction publique d'être déconnectée du réel et l'empêcher dans le même temps d'aller faire un tour dans le privé. Emmanuelle Mignon.

D’où cette question : Macron saura-t-il vaincre la technocratie ?

Intervenants
  • directeur de recherche au CNRS / CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po), auteur notamment de « Quel avenir pour la fonction publique ? », ed. La documentation française, 2017.
  • Conseillère d’État et avocate associée au cabinet August Debouzy
  • cofondateur de Mediapart.
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