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Qu'elle soit climatique, économique, sociale, sécuritaire ou médiatique, l'urgence semble être le mot clé pour définir notre époque.

Sommes-nous condamnés à vivre dans l'urgence ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Les climatologues alertent sur l’urgence climatique. Le chef de l’État décrète l’état d’urgence économique et sociale. Le terrorisme nous rappelle à l’urgence sécuritaire. Les réseaux et les chaînes d’information imposent l’urgence médiatique. Sommes-nous condamnés à vivre dans l’urgence ?

Qu'elle soit climatique, économique, sociale, sécuritaire ou médiatique, l'urgence semble être le mot clé pour définir notre époque.
Qu'elle soit climatique, économique, sociale, sécuritaire ou médiatique, l'urgence semble être le mot clé pour définir notre époque. Crédits : Phung Huynh Vu - Getty

Rien ne sert de partir à point : il faut courir. Dans tous les domaines ou presque aujourd’hui, l’urgence est de mise.

La plus inquiétante car la plus massive et la plus irrémédiable est l’urgence climatique. Les experts le répètent et l’ont encore dit lors de la COP 24 qui vient de s’achever en Pologne : c’est maintenant qu’il faut agir pour éviter d’aggraver la catastrophe, bientôt il sera trop tard.

Mais l’urgence est aussi économique et sociale. Emmanuel Macron l’a décrétée lundi dernier, pour répondre à la crise des Gilets jaunes : une façon de dire ‘’je vous ai compris’’, et de promettre d’agir vite. Du côté des manifestants, l’urgence est d’un autre ordre : c’est celle des fins de mois.

A vrai dire, elle se glisse partout : c’est elle qui donne le rythme dans le monde du travail (l’acronyme ASAP est devenu une marque de ponctuation) ; c’est elle qu’on convoque pour répondre à la menace terroriste. Et c’est sous le signe de l’urgence permanente que fonctionnent les chaines d’information en continu et les réseaux sociaux.

"Sommes-nous condamnés à vivre dans l’urgence ?"

Extraits de l'émission :

Sébastien Ledoux : 

Sur la médiatisation des attentats, il y a une sorte d'injonction paradoxale par les médias. On a une couverture très large, avec des images très choquantes qui tournent en boucle. Et en même temps, une sorte de discours appelant à prendre de la distance. Ces faits qui sont montrés  en boucle ne nous permettent pas de prendre de la distance.

Christophe Bouton : 

Les politiques de la mémoire, si elles sont menées sous le contrôle des historiens, sont extrêmement utiles pour sortir de ce court-terme, de cette immédiateté. Pour donner un peu de profondeur historique et pour faire prendre conscience aux gens que la répétition de certain passé violent est dangereuse.

Articles :

"L'urgence nuit à la démocratie" : interview de Christophe Bouton par Claire Chartier pour L'Express, le 19/01/2016.

[abonnés] Face au présent : par François Hartog pour AOC, le 04/12/2018.

Tribunes :

Fin de mois ou fin du monde ? Une défiance de temporalités : tribune de Sébastien Ledoux pour Libération, le 04/12/2018.

Autres :

C'est dans ma tête : chronique de Claude Halmos pour France Info.

Intervenants
  • professeur de philosophie à l’Université Bordeaux Montaigne, spécialiste des questions du temps et de l’histoire dans la philosophie contemporaine
  • psychanalyste formée par Jacques Lacan et Françoise Dolto, spécialiste de l'enfance et de la maltraitance
  • Chercheur en histoire contemporaine à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et enseignant à Sciences Po Paris, spécialiste des enjeux de mémoire
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