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Visage de "l’allégorie La Liberté", explosé dans l’Arc de Triomphe, place de l'Étoile à Paris, qui a été vandalisé lors de la manifestation des « Gilets Jaunes », le 01.12.2018. Copie du haut-relief « La Marseillaise » (1833-1836) de François Rude

Colère jaune (6/16) : Une crise, oui... mais une crise de régime ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Par sa forme et son étendue, le mouvement des "gilets jaunes" semble révéler une crise politique d'une ampleur rarement atteinte depuis les débuts de la Vème République. Nos institutions, à commencer par la présidence de la République, sont-elles encore à même de répondre à ces enjeux ?

Visage de "l’allégorie La Liberté", explosé dans l’Arc de Triomphe, place de l'Étoile à Paris, qui a été vandalisé lors de la manifestation des « Gilets Jaunes », le 01.12.2018. Copie du haut-relief « La Marseillaise » (1833-1836) de François Rude
Visage de "l’allégorie La Liberté", explosé dans l’Arc de Triomphe, place de l'Étoile à Paris, qui a été vandalisé lors de la manifestation des « Gilets Jaunes », le 01.12.2018. Copie du haut-relief « La Marseillaise » (1833-1836) de François Rude Crédits : Etienne Laurent / EPA - Maxppp

Cette émission s'inscrit dans le dossier "Colère jaune" qui regroupe les différents débats du Grain à moudre sur le mouvement des "gilets jaunes".

Il n’a pas prévu de parler dans l’immédiat. Le Président de la République "assume parfaitement" ce qu’a déclaré le Premier ministre ce mardi, à savoir la suspension pour six mois de plusieurs mesures fiscales. Il ne "s’exprimera pas" à ce stade, indique l’Elysée ce mardi. 

C’est pourtant bien vers Emmanuel Macron que convergent tous les regards et l’essentiel des attentes. Samedi, certains manifestants avaient entrepris de marcher sur l’Elysée. Sur les murs, des tags appelant à la démission du chef de l’Etat. Lui seul semble en mesure de dénouer la crise. 

Cette attente correspond à la place, de plus en plus prépondérante, prise par le Président dans les institutions de la Ve République. Promu chef de la majorité par la réforme du quinquennat, il est en première ligne à la moindre crise. S’agissant d’Emmanuel Macron, beaucoup lui reprochent d’avoir exagéré le lien direct entre lui et le peuple, sans intermédiaires. Mais les institutions ne poussent-elles pas vers une telle pratique, au risque d’étouffer la vie démocratique ? 

Dès lors, la crise en cours est-elle essentiellement politique ? Ou bien beaucoup plus structurelle car institutionnelle ? 

"Une crise, oui… mais une crise de régime ?"

Extraits de l'émission : 

Dominique Rousseau : 

"Les "gilets jaunes" sont les forces vives de la nation, pour reprendre les mots de De Gaulle. C'est eux qui font vivre le pays. Et ils sont, comme disait Rosanvallon, invisibles. Ou du moins ils l'étaient jusqu'à présent parce qu'on parlait en leurs noms. Les « gilets jaunes » sont tout dans le pays car c'est eux qui font le boulot. Ils ne sont rien dans les institutions. Il faut donc qu'on invente un nouveau principe de légitimité, une nouvelle institution."

Anne Levade : 

"La réponse à  la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui n'est pas une réponse institutionnelle. Si on ajoute une institution, on va créer une rigidité supplémentaire. Une institution doit servir à quelque chose, c'est à dire apporter une solution. (...) Ce que disent les gilets jaunes individuellement c'est "nous ne pouvons pas être représentés puisque ceux qui nous représentent ne sont pas nous". La canalisation de cette énergie, ce n'est pas le rôle des institutions, mais des corps intermédiaires." 

Intervenants
  • professeure de droit public à l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, présidente de l’Association française de droit constitutionnel
  • professeur de droit constitutionnel à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ancien membre du Conseil Supérieur de la Magistrature de 2002 à 2006.
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