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Des manifestants de droite crient derrière une rangée de policiers à Chemnitz, en Allemagne, le 1er septembre 2018.

L'Allemagne est-elle démunie face à l’extrême droite ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Les manifestations anti-migrants se succèdent depuis plus d’une semaine à Chemnitz, en Allemagne. Face à l’émergence d’un discours raciste décomplexé, les autorités semblent avoir été prises de cours. Comment l’Allemagne peut-elle endiguer cette montée de l’extrême droite ?

Des manifestants de droite crient derrière une rangée de policiers à Chemnitz, en Allemagne, le 1er septembre 2018.
Des manifestants de droite crient derrière une rangée de policiers à Chemnitz, en Allemagne, le 1er septembre 2018. Crédits : MARTIN DIVISEK - Maxppp

Les organisateurs n’en espéraient pas tant : 50 000 personnes ont assisté à un concert contre la xénophobie hier soir à Chemnitz, dans l’est de l’Allemagne. Certes, le concert était gratuit, mais cela n’enlève rien à la démonstration de force proposée par le public, en réaction aux manifestations, parfois violentes, organisées depuis plusieurs jours dans la ville par l’extrême droite.

C’est la mort d’un homme, tué quelques jours plus tôt de plusieurs coups de couteau, qui a servi d’élément déclencheur. Le principal suspect est un demandeur d’asile irakien : preuve de la dangerosité des immigrés pour le parti AfD (Alternative für Deutschland), qui s’était déjà emparé d’un autre fait divers il y a quelques mois, cette fois dans l’ouest du pays, pour dénoncer la présence des migrants sur le sol allemand.

Il faut dire que le sujet est particulièrement inflammable en Allemagne. Il y a un an, suite à une campagne dénonçant la politique migratoire menée par Angela Merkel, l’AfD faisait son entrée au Bundestag, le Parlement allemand : une première pour l’extrême-droite depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Depuis, il semblerait qu’un tabou a été levé : l’Allemagne se découvre plus xénophobe qu’elle n’imaginait l’être. D’où sans doute la difficulté, pour une partie de la classe politique, à trouver la réponse adéquate pour endiguer cette irrésistible progression.

"L’Allemagne est-elle démunie face à l’extrême droite ?"

Extraits de l'émission : 

Johann Chapoutot : " Désormais, après avoir bradé leur jeunesse, après avoir bradé leur pays, après les avoir plongé dans un contexte économique et social où le chômage est massif, on leur dissout l'Allemagne. C'est un peu le sentiment des classes moyennes, ou que les classes défavorisées peuvent avoir aussi, d'être les grands perdants de l'Histoire, encore et encore."

Nele Wissman : "Deux pistes sont creusées actuellement en Allemagne : est-ce qu'on interdit tout les groupements néo-nazis ? C'est difficile, car ils vont se reformer, et avec internet, il est très difficile de les observer. Deuxième piste, mettre plus de budget pour les initiatives car aujourd'hui, et on le critique, il s'agit plutôt de petits budgets à court terme ."

Liens : 

A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne: par Thomas Wieder, pour Le Monde, le 02/09/2018.

Procès des néonazis de la NSU en Allemagne : perpétuité pour la principale accusée : par Danièle Renon, pour Courrier International, le 11/07/2018.

Angela Merkel face aux violences d’extrême droite : par Thomas Wieder, pour Le Monde, le 29/08/2018.

A Chemnitz, le volcan de l’extrême droite : par Nathalie Versieux, pour Le Temps, le  02/09/2018.

Intervenants
  • Professeur d'histoire contemporaine à la Sorbonne, spécialiste de l'histoire de l'Allemagne
  • journaliste correspondante du journal Suisse Le Temps et de Radio France à Berlin
  • chercheuse associée à l'IFRI, spécialiste de l'Allemagne et des migrations
L'équipe
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