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Un éleveur de bovins à Rouvres-sous-Meilly (Côte-d'Or) en 2017.

Les animaux de la ferme sont-ils mal élevés ?

39 min
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Fin janvier, 500 personnalités ont signé un appel à un « Lundi vert », sans viande ni poisson. Une initiative qui serait bienvenue pour réduire notre impact environnemental, améliorer notre santé et veiller au bien-être animal. Qu’en pensent nos éleveurs ? Ont-ils les moyens de s’adapter ?

Un éleveur de bovins à Rouvres-sous-Meilly (Côte-d'Or) en 2017.
Un éleveur de bovins à Rouvres-sous-Meilly (Côte-d'Or) en 2017. Crédits : Jeff Pachoud - AFP

Cette année, elle s’appelle Imminence. Elle succède à Haute en 2018, Fine en 2017, Cerise, Filouse, Bella, Aronde les annonces précédentes. Elles, ce sont les vaches égéries du Salon de l’Agriculture, qui se tient à Paris jusqu’à dimanche. Et il en va ainsi depuis le début des années 2000.

Pour le Salon, c’est l’occasion de mettre en avant, chaque année, la filière de l’élevage français. Une filière qui recouvre bien d’autres catégories que les bovins, et qui se trouve confrontée à une remise en cause de son modèle, voire de son existence. Car l’élevage n’a pas bonne presse : son impact environnemental, notamment, est pointé comme une des causes du réchauffement climatique. La consommation de viande s’en ressent. Selon une étude récente du Credoc, elle a baissé de 12% en France au cours de la décennie écoulée.

Aux considérations sur l’environnement s’ajoute l’idée que manger trop de viande serait mauvais pour la santé. Mais aussi que les conditions dans lesquelles les animaux sont élevés et abattus infligent des souffrances inutiles chez ces derniers. C’est le sens de l’appel à un Lundi vert sans viande lancé fin janvier, auquel répond ces jours-ci la campagne de l’Interbev (l’association interprofessionnelle du bétail et des viandes) : Aimez la viande, mangez-en mieux.

« Les animaux de la ferme sont-ils mal élevés ? »

Vidéos :

Etienne Gangneron :

L’éloignement entre les consommateurs et les producteurs est évident. Il se mesure en partie au manque de représentativité et de connaissance du monde agricole à l'Assemblée Nationale.

Emilie Jeannin :

L’élevage s’est beaucoup trop industrialisé. A un moment donné on ne parlait même plus d’élevage, on parlait de production animale.  On a voulu entasser des animaux dans des bâtiments sous prétexte que c’était plus pratique de les nourrir, de les protéger des prédateurs ou contre les maladies, mais c’était surtout plus pratique pour les humains et pas du tout pour les animaux.

Ivan Leclerc :

Aujourd'hui, nous sommes attentifs au bien-être de nos bêtes, nous allons plus loin que ce que nous dicte la réglementation.

Laurent Vindevogel : 

La remise en cause pour un éleveur, c’est ce que le consommateur attend. L’idée ce n’est pas de faire un produit pour satisfaire l’outil économique, la banque, nous même etc. Mais c’est aller plus loin dans une évolution, d’aller au-devant, mais en restant en accord avec soi-même.

Articles :

"Soupçons de maltraitance à l’abattoir de Houdan : amendes requises contre cinq personnes", Ouest France, le 21/02/2019

"Bien-être animal: quand l'abattoir vient à la ferme", L'Express, le 02/12/2018

"Lundi Vert : le lobby de la viande défend son bout de gras", France Info, le 14/02/2019

"Poulehouse, la start-up qui veut sauver les poules", Le Figaro, le 25/09/2017

Opinions :

[abonnés] "Pour « une journée mondiale de l’élevage paysan et des animaux de ferme » !", tribune collective portée Paul Ariès, politiste, Frédéric Denhez, journaliste scientifique, Jocelyne Porcher, sociologue, Le Monde, le 20/02/2019

"Le transport et l'abattage gâchent le travail de l'éleveur", interview d'Émilie Jeannin pour Web-agri, le 19/10/2018

Liens :

Site de la FNSEA 

Sites de l'élevage d'Emilie Jeannin "La ferme de Lignières", de la Confédération paysanne et du projet d'abattoir mobile "Bœuf éthique". La Confédération paysanne vient de publier un livre disponible en ligne : "Paroles paysannes sur les relations Humain-Animal".

Site du groupe Terrena

Sites de l'élevage de Laurent Vindevogel "La ferme de Tante Lucie" et de la société Poulehouse. 

Intervenants
  • Vice-président de la FNSEA où il est notamment en charge du bien-être animal, éleveur de vaches Charolaises et de poules pondeuses en bio dans le Cher
  • Éleveuse de Charolaises en Côte-d'Or, membre de la Confédération paysanne et du Bœuf éthique
  • Éleveur de porcs et de vaches laitières en Mayenne, président du territoire Nord-Loire de Terrena
  • Éleveur de poules pondeuses en agriculture biologique dans la Somme
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