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Maintien de l'ordre : c'est quoi ce bordel ?

Maintien de l'ordre : c'est quoi ce bordel ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Après quatre mois et demi de manifestations des « gilets jaunes », le gouvernement a mis en place une nouvelle stratégie pour tenter de rétablir l’ordre public. Faut-il s’inquiéter d’une surenchère ultrasécuritaire ? Peut-on parler d’une nouvelle doctrine du maintien de l’ordre ?

Maintien de l'ordre : c'est quoi ce bordel ?
Maintien de l'ordre : c'est quoi ce bordel ? Crédits : Zakaria ABDELKAFI - AFP

Davantage de manifestants mais moins de violence. A l’issue du 19e samedi de mobilisation des Gilets jaunes, le ministre de l’Intérieur n’a pas boudé son plaisir : "les bonnes consignes ont été appliquées", "les résultats sont là", "l’ordre républicain a été maintenu" s’est félicité Christophe Castaner.

Il faut dire que le dispositif avait été renforcé : davantage de contrôles, des périmètres interdits de manifestation comme les Champs-Elysées à Paris. Et l’appui des militaires de la force Sentinelle, lesquels ont sans doute joué un rôle dissuasif. Rien à voir en tout cas avec le week-end précédent.

Depuis le début de ce mouvement, le gouvernement multiplie les annonces et les dispositifs sécuritaires. L’amende pour participation à une manifestation interdite vient de passer de 38 à 135 euros. L’usage des LBD, les lanceurs de balles de défense, a explosé depuis la création des détachements d’action rapide. Quant à la loi anti-casseurs, en attente de validation par le Conseil constitutionnel, elle transforme la dissimulation du visage en délit et autorise l’interdiction administrative de manifester. 

La doctrine de maintien de l’ordre s’en trouve-t-elle profondément modifiée ? En tout cas, elle en devient illisible.

"Maintien de l’ordre : c’est quoi ce bordel ?"

Vidéos :

Jacques de Maillard :

Il y a un double risque. Le premier, c’est que ce qui rassemble les mobilisations des gilets jaunes soit les violences policières. Le deuxième renvoie à la question du ciblage de l’intervention : ce sont des mobilisations extrêmement polymorphes, mais vous avez à la fois des gens qui sont là pour casser, d’autres gens qui sont là pour manifester de façon pacifique, et des gens qui sont dans un entre deux. De ce point de vue-là il y a un enjeu complexe pour les forces de l’ordre pour une intervention ciblée. La foule n’est pas unique, il faut arriver à tenir compte de ces singularités internes dans les interventions policières. Il faut expliquer les interventions des forces de l’ordre parce qu’elle n’est pas du tout lisible sur le terrain.

Marion Guémas :

Il y a une fausse idée de ce que les gens ont comme culture de la manifestation. Je pense qu’il y a beaucoup de manifestants qui sont venus à Paris dans le cadre du mouvement des Gilets jaune, qui n’avaient pas forcément de culture de la manifestation et qui par exemple, tout simplement, ne savaient pas qu’on ne manifeste pas sur les Champs-Elysées. Pour eux c’est un symbole politique important, mais qui dans la pratique habituelle du maintien de l’ordre à Paris ne se fait pas.

Liens :

Intervenants
  • général de division (2S), spécialiste du maintien de l'ordre, ancien commandant du Centre d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne)
  • responsable des programmes France (police, justice, prison) à l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT).
  • professeur de science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, directeur du CESDIP (Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales), membre de l'Institut Universitaire de France
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