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Depuis sa création en 2000, la fondation Bill et Melinda Gates intervient dans des projets allant de l’éducation à la santé en passant par la lutte contre la pauvreté. Son ampleur et ses stratégies d’action en font un emblème de la philanthropie

Faut-il se méfier des grands mécènes ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Le mois dernier, plusieurs grandes fortunes et entreprises françaises ont versé des centaines de millions d'euros pour la reconstruction de Notre-Dame. Ces dons révèlent une forte capacité d’action des grands mécènes. Peuvent-ils entraver l'action publique par leurs initiatives ?

Depuis sa création en 2000, la fondation Bill et Melinda Gates intervient dans des projets allant de l’éducation à la santé en passant par la lutte contre la pauvreté. Son ampleur et ses stratégies d’action en font un emblème de la philanthropie
Depuis sa création en 2000, la fondation Bill et Melinda Gates intervient dans des projets allant de l’éducation à la santé en passant par la lutte contre la pauvreté. Son ampleur et ses stratégies d’action en font un emblème de la philanthropie Crédits : CHIP SOMODEVILLA - Getty

Le projet de loi pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris sera examiné ce vendredi à l’Assemblée nationale. Le texte a déjà été adopté en commission. Il prévoit un dispositif fiscal spécifique : une réduction d’impôts de 75 % pour les dons de particuliers inférieurs à 1000 euros.

Un tel dispositif est-il nécessaire au regard des promesses de dons déjà enregistrées ? Plus de 800 millions d’euros, l’essentiel (environ 700 millions) étant le fait de quelques grands donateurs comme les familles Arnault, Pinault et Bettencourt, encouragés par un système fiscal qui favorise le mécénat.

Leur élan de générosité n’est pas passé inaperçu (sans doute n’était-ce pas d’ailleurs le but recherché). Au-delà de la dimension fiscale, qui fait qu’une partie des dons effectués reviennent à la charge du contribuable, il y a la question plus politique qui se pose : dans un pays habitué à voir l’Etat prendre en charge la solidarité, est-il sain de laisser des opérateurs privés investir ce ‘marché’ ?

C’est le cas aux Etats-Unis, où la philanthropie est considérablement développée. La France n’a pas cette culture.

« Faut-il se méfier des grands mécènes ? »

Vidéos :

Julié Cagé :

[Avec les grosses fondations] on a créé une espèce d’organe assez unique caractérisé par un déficit de responsabilité. C’est ni le politique qui est responsable face aux citoyens, ni les entreprises qui sont responsables à travers le mécanisme de marché, c’est juste des philanthropes qui (…) ont pris une place plus importante que l’Etat.

François Debiesse :

Les entreprises qui investissent en mécénat ont un objectif, mais aujourd’hui cet objectif est beaucoup plus dans la création de liens entre l’entreprise et son écosystème, entre l’entreprise et la société.

Articles : 

"Pinault, Arnault, Ladreit de Lacharrière, Total... Les grandes fortunes au secours de Notre-Dame", Challenges, le 16/04/2019

[abonnés] "Comment le luxe a domestiqué l’art", Alternatives économiques, le 24/04/2019

Opinions :

[abonnés] "Les milliardaires ont trouvé une occasion de passer pour des héros", Anand Giridharadas pour Mediapart, le 17/04/2019

[abonnés] "Il ne peut pas y avoir de mécénat sans éthique", François Debiesse pour Le Monde, le 27/11/2018

Bibliographie

Intervenants
  • professeure d'Economie à Sciences Po Paris
  • Président d’Admical (Association pour le développement du mécénat industriel et commercial)
  • Docteure en sciences sociales, spécialiste de la philanthropie, de la sociologie du transnational, des politiques culturelles. Membre de la Chaire Philanthropie de l'ESSEC.
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