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A Taez, au sud du Yémen, le 18 mars 2018

Jusqu'où pousser la transparence en matière de défense ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Trois journalistes ont été convoqués aujourd'hui dans les locaux de la DGSI pour "compromission du secret de la Défense nationale" après avoir publié une enquête sur l’utilisation d’armes de fabrication française dans la guerre au Yémen. Faut-il plus de transparence en matière de défense nationale ?

A Taez, au sud du Yémen, le 18 mars 2018
A Taez, au sud du Yémen, le 18 mars 2018 Crédits : Ahmad AL-BASHA - AFP

Trois journalistes, dont un de Radio France, convoqués ce jour et demain dans les locaux de la DGSI, la Direction générale de la sécurité intérieure, pour « compromission du secret de la Défense nationale » : nouvel épisode dans le dossier des ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite.

Les trois enquêteurs pourraient être poursuivis pour avoir révélé une note de la Direction du renseignement militaire, laquelle répertorie les armes vendues par la France aux Saoudiens, et qui seraient déployées dans la guerre au Yémen. Officiellement, ces armes ne sont pas censées être utilisées de manière offensive dans ce conflit qui a fait de très nombreuses victimes civiles.

Hier, plus d’une quinzaine d’ONG ont dénoncé cette convocation. Elles y voient une « atteinte inacceptable à la liberté de la presse et à la protection des sources journalistiques », et considèrent que les informations révélées sont d’un « intérêt public essentiel ». Mais en la matière, cette notion d’intérêt public se heurte à celle du secret défense, qui vise à défendre les intérêts vitaux de la nation.

Sans que l’on sache toujours très bien quelles sont les limites de ces « intérêts vitaux ». La France semble en avoir une définition assez large. Le Parlement en est encore réduit à valider les choix de l’exécutif, sans véritablement jouer son rôle de contre-pouvoir.

« Jusqu’où pousser la transparence en matière de défense ? »

Vidéos :

Olivier Forcade :

[Il y a] des actes de protection qui ne cherchent pas à nuire à la liberté de savoir ou de s’informer, mais qui dans une logique, économique,  industrielle, technologique, scientifique, protègent des données, protègent des laboratoires, des industries publiques, privées. Par conséquent, la question s’écrit d’une manière complexe et qui peut être analysée de deux manières.

Anne Poiret :

Au-delà du secret défense, il y a une forme d’omerta et de tabou. Beaucoup de gens n’assument pas.

Articles :

"Made in France" : enquête sur l’utilisation d’armes de fabrication française dans la guerre au Yémen, Disclose.ngo, le 15/04/2019

"En France, 'la transparence sur les exportations d’armes est quasi inexistante'", Le Monde, le 16/04/2019

"Le Sénat veut étendre le contrôle parlementaire des services secrets", Le Figaro, le 15/05/2018

Liens :

"Rapport sur le secret de la défense nationale en France", Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, janvier 2018

Intervenants
  • historien, professeur d'histoire contemporaine des relations internationales à la faculté des lettres de Sorbonne Université
  • ancien colonel de l'armée de terre, enseignant et essayiste, spécialisé dans l’histoire militaire et l’analyse des conflits
  • journaliste et documentariste, prix Albert-Londres 2007, spécialiste des questions de l’après-guerre au Moyen-Orient, en Afrique ou en Asie
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