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Les Algériens défilent lors d'une manifestation antigouvernementale dans la capitale, Alger, le 5 avril 2019

L'Algérie va-t-elle tenir son rang à l'international ?

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Plus grand pays du monde arabe, deuxième puissance militaire d’Afrique, grande productrice d’hydrocarbures, l’Algérie a tout pour peser sur la scène internationale. Mais, alors que le régime vacille, elle semble plus isolée que jamais. Pourra-t-elle à l’avenir tenir sa place de puissance régionale ?

Les Algériens défilent lors d'une manifestation antigouvernementale dans la capitale, Alger, le 5 avril 2019
Les Algériens défilent lors d'une manifestation antigouvernementale dans la capitale, Alger, le 5 avril 2019 Crédits : Billel Bensalem /APP - Maxppp

Un nouveau Président pour l’Algérie. Par intérim. Abdelkader Bensalah a été désigné ce mardi pour succéder à Abdelaziz Bouteflika. Il ne devrait être que de passage : 90 jours maximum, le temps d’organiser un nouveau scrutin présidentiel. Les manifestants y voient une façon, pour le régime, de se maintenir.

Il faut dire que cette stabilité du régime algérien arrange beaucoup de monde, à l’extérieur du pays. L’Algérie est un gros fournisseur d’hydrocarbures. Surtout, c’est un des principaux acteurs de la lutte contre le terrorisme islamiste. Ses partenaires ont intérêt à ce que les changements politiques à venir ne bouleversent pas les relations en la matière.

C’est sans doute ce qui explique en partie le fait que ce pays, le plus étendu d’Afrique, le plus vaste du monde arabe, pèse finalement si peu au niveau diplomatique, en tout cas si peu au regard de sa géographie, et de ses ambitions historiques, celles de la période ayant suivi l’indépendance. L’Algérie n’apparaît pas comme une grande puissance dans ses zones d’influence, qu’il s’agisse du monde arabe, de l’Afrique ou du bassin méditerranéen. Les changements politiques en cours vont-ils modifier la donne ?

L’Algérie va-t-elle tenir son rang à l’international ?

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Akram Belkaïd :

Parmi les partenaires qui s’inquiètent de la situation algérienne, il y a aussi l’Europe. Parce que l’Algérie contribue à l’indépendance énergétique de l’Europe, en tous les cas, elle donne une moindre dépendance au gaz russe. C’est ce qui explique d’ailleurs pourquoi plusieurs régimes européens, y compris français, ont été à ce point accommodants avec la farce que les algériens ont subi au cours de ces dernières années, à savoir le fait d’avoir un président qui ne présidait absolument pas.

Beligh Nabli :

L’une des lignes fondatrices et structurantes de la diplomatie algérienne consiste à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures, y compris de ses pays voisins. Mais au regard de l’exigence et l’impératif de stabilité de ses propres voisins, l’Algérie est devenue un acteur incontestable de ces régimes-là, et en particulier de la Tunisie, du Mali et du Niger (...) L’Algérie est un acteur interne de ses voisins sans l’avoir voulu, et c’est un paradoxe qui structure la réalité régionale.

Articles :

"En Algérie, l’humiliation de trop" de Kamel Daoud, publié le 09 mars 2019, sur Le Monde

"L’Algérie peut-elle être déstabilisée par les manifestations actuelles ?" de Brahim Oumansour, publié le 26 février 2019, sur l'IRIS

"Soulèvement algérien. Réserve tunisienne, mutisme marocain" de Khadija Mohsen-Finan, publié le 21 mars 2019, sur Orient XXI

"La dangereuse obsession de la France pour l’islamisme algérien" de Dalia Ghanem, publié le 28 mars 2019, sur Libération

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