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Avec la montée des populismes, l'Union Européenne semble fragilisée et proche du délitement.

L’Europe est-elle prise au piège de ses propres règles ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Après la Commission européenne, l’Eurogroupe a demandé hier à l’Italie de revoir son projet budgétaire. Dans un contexte où l’euroscepticisme se diffuse, l'Union européenne peut-elle se montrer ferme sans faire le jeu des extrêmes ? Doit-elle se montrer plus souple ?

Avec la montée des populismes, l'Union Européenne semble fragilisée et proche du délitement.
Avec la montée des populismes, l'Union Européenne semble fragilisée et proche du délitement. Crédits : FILIPPO MONTEFORTE / AFP - AFP

Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis au diapason de la Commission européenne hier. A leur tour, ils demandent au gouvernement italien de revoir son projet de budget pour 2019. Le 23 octobre dernier, la Commission l’avait rejeté, dénonçant une ‘’déviation claire, nette, assumée’’ par rapport aux règles européennes. L’Italie a jusqu’au 13 novembre pour amender son budget.

Ce qui n’est pour l’instant qu’un rappel à l’ordre s’inscrit dans un contexte politique particulier : à la fois en aval des élections législatives italiennes, qui ont porté au pouvoir la coalition formée par le mouvement 5 Etoiles et la Ligue, et en amont du scrutin européen de l’an prochain, où le score des nationalistes sera un des principaux enjeux. Un tel contexte doit-il peser au moment de faire appliquer les règles européennes ?

La question s’est déjà posée en septembre lors du déclenchement de l’article 7 par le parlement européen à l’encontre de la Hongrie, pour manquement au respect de l’Etat de droit. Une application trop stricte de ces règles (budgétaires, politiques) ferait le jeu des extrêmes. Mais ne rien en faire serait un aveu de faiblesse, voire pire, de renoncement au projet européen.

"L’Europe est-elle prise au piège de ses propres règles ?’’

Extraits de l'émission : 

Benjamin Masse-Stamberger : "La réaction des autorités européennes et de l'Allemagne, en 2011, à cette catastrophe, n'a pas été de dire "On va remettre en question le système monétaire, le mode de fonctionnement de l'euro" mais "On va rendre les règles restrictives qui nous ont mises dans cette catastrophe encore plus restrictives". On fait un tour supplémentaire de vis sur des gens qui sont déjà par terre."

Marion Gaillard : "On a crée un outil qui ne peut pas fonctionner, puisqu'il peut être déclenché soit par un tiers des états membres, soit par la Commission, soit par le Parlement. Mais sur la base de ce déclenchement, il faut que le conseil des ministres, avec une majorité des 4/5e constatent "le risque clair d'une violation grave de l'Etat de droit". Il faudrait ensuite, si on constatait ce risque et pour avoir des sanctions, un vote à l'unanimité des Etats."

Articles :

[abonnés] En Italie, une fronde antieuropéenne ? : par Stefano Palombarini pour Le Monde Diplomatique, mois de novembre 2018. 

Budget italien : démocratie contre technocratie : par Jean Quatremer pour Libération, le 04/11/2018.

Les enjeux du vote au Parlement européen sur l’Etat de droit en Hongrie : par Cécile Ducourtieux et Jean-Pierre Stroobants pour Le Monde, le 11/09/2018.

[abonnés] Roumanie : après le Brexit, le « Roexit » ? : par Mirel Bran pour Le Monde, le 22/10/2018.

Intervenants
  • Historienne, spécialiste des relations franco-allemandes et des questions européennes, et maître de conférences à Sciences-Po Paris
  • journaliste économique et essayiste, membre du collectif souverainistes "Les Orwelliens".
  • fondateur d'EuropaNova et de l'association Civico Europa.
L'équipe
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