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Pour qui sommes-nous prêts à payer l'impôt ?

Pour qui sommes-nous prêts à payer l'impôt ?

37 min
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Au-delà de la pression fiscale, c’est le sentiment d’injustice qui domine, l’idée selon laquelle ce sont les autres et pas soi-même qui bénéficient le plus de la redistribution des richesses.

Pour qui sommes-nous prêts à payer l'impôt ?
Pour qui sommes-nous prêts à payer l'impôt ? Crédits : PHOTOPQR/LE PARISIEN - Maxppp

« Nous devons baisser, et baisser plus vite, les impôts ». Telle est la feuille de route établie la semaine dernière par Edouard Philippe, dans le cadre de la restitution du Grand débat national. Un objectif qui, sauf surprise, sera un des axes des annonces qu’Emmanuel Macron s’apprête à faire ce soir.

Que la question fiscale soit à ce point mise en avant, voilà qui n’a rien d’incongru : le mouvement des Gilets jaunes est d’abord un mouvement de révolte fiscale ; quant au Grand débat, il en a fait un des principaux thèmes de discussions.

Or que ressort-il de ces dernières, sachant que l’échantillon qui s’est exprimé, pour être conséquent, n’en est pas forcément représentatif de la population ?

Et bien qu’au-delà de la pression fiscale, c’est le sentiment d’injustice qui domine, l’idée selon laquelle ce sont les autres et pas soi-même qui bénéficient le plus de la redistribution des richesses.

Le consentement à l’impôt en est amoindri. Or c’est ce consentement qui constitue un des socles les plus importants de notre pacte social. Alors comment y remédier ?

« Pour qui sommes-nous prêts à payer l’impôt ? »

Vidéos :

Jérôme Fourquet :

C’est sur la base d’une montée régulière de la pression fiscale, d’une part, et de l’autre côté d’un sentiment d’une société de plus en plus parcellisée, avec des groupes qui seraient pour des raisons opposées moins exposés à cette hausse de la pression fiscale, que le corps central de la société l’accepte de moins en moins.

Anne Guyot-Welke :

Les décennies passées ont fait que l’impôt est devenu un sujet d’expert. C’est pour ça qu’il y a aujourd’hui un besoin de pédagogie.

Philippe Nemo :

Les doctrines redistributives n’ont aucun fondement scientifique. Et par conséquent, ce n’est qu’une illusion, et la vérité des choses, c’est que c’est un rapport de force politique : les pauvres ont tout à fait intérêt à pour qu’on impose les riches parce que les riches sont une poignée, et donc démocratiquement ils ne peuvent pas se défendre. Ça n’en est pas moins du vol.

Articles :

[abonnés] "Les Français et l’impôt : la grande défiance", Le Monde, le 22/11/2018

"Grand débat : Édouard Philippe déclare l’état d’urgence fiscale", Le Figaro, le 08/04/2019

[abonnés] "Baisser l'impôt sur le revenu pour la classe moyenne est une bonne piste", Gérald Darmanin pour Le JDD, le 07/04/2019

Opinions :

"Il n'y a plus de consentement à l'impôt parce qu'il n'y a plus de justice", Philippe Nemo pour Le Figaro, le 22/11/2017

[abonnés] "Les Français ont massivement le sentiment que l’impôt est mal utilisé", Michel Bouvier, président de la Fondafip pour Le Monde, le 22/11/2018

"Remise à plat fiscale : mieux que l'impôt, et si on essayait le don ?", Gaspard Koenig pour Le Figaro, le 12/05/2014

Liens :

A quoi servent mes impôts ? Portail de l'Economie, des Finances, de l'Action et des Comptes Publics

Intervenants
  • analyste politique, directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l'institut de sondages IFOP.
  • porte-parole du syndicat Solidaires Finances Publiques
  • Philosophe, ancien professeur à ESCP Europe
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