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Promeneurs se rafraîchissant dans les fontaines du Trocadéro à Paris, devant la Tour Eiffel, un jour de forte chaleur, le 19 juillet 2016.

A qui appartient l'espace public ?

44 min

Plages, places, rues, quartiers : au moment où l'impératif sécuritaire peut remettre en cause les notions d'égalité et de liberté de circulation, débat sur l'espace public, organisé par l'Etat et habité par tout un chacun.

Promeneurs se rafraîchissant dans les fontaines du Trocadéro à Paris, devant la Tour Eiffel, un jour de forte chaleur, le 19 juillet 2016.
Promeneurs se rafraîchissant dans les fontaines du Trocadéro à Paris, devant la Tour Eiffel, un jour de forte chaleur, le 19 juillet 2016. Crédits : BERTRAND GUAY / AFP - AFP

"Vivre, c'est passer d'un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner."

écrit Georges Perec dans son essai _Espèces d'espaces, _essai dans lequel il interroge par ailleurs cette sensation d'évidence à nous dire que nous vivons dans un espace.

La question de l'appropriation de l'espace public peut sembler redondante selon la chercheuse Alice Béja, qui écrit que

"si les lieux publics relèvent de règles garanties par l'Etat, l'espace public lui, bien qu'organisé par ce dernier a vocation à être habité par tout un chacun".

Ce qui implique une notion d'égalité de base entre ses occupants, qui n'est pas toujours vérifiée dans les faits. Ainsi les tandems homme/femmes, pauvre/riche, Etat/citoyens s'y confrontent pour interroger la mécanique de l'espace public.

Poser cette question en fait de l'appropriation, c'est déjà l'occuper cet espace, s'y questionner à l'intérieur. Et s'y questionner dans ce contexte si particulier, où l'impératif sécuritaire peut remettre en cause ces notions d'égalité, de liberté de circulation. L'espace public c'est l'espace de la démocratie, de la pluralité des discours et des usages déclare Pascal Le Brun Cordier directeur des zones artistiques temporaires de Montpellier. "C'est un espace qui doit être conflictuel". Mais comment articuler ce conflit de discours et d'usages dans cet espace mouvant, sans en perdre le contrôle. Dans quelle mesure est-il possible de s'approprier l'espace public sans en faire un facteur d'exclusion. Et dans ce contexte où l'Etat et le droit investissent de manière de plus en plus visible l'espace public, à qui appartient-il ?

Manifestants place de la République protestant contre la prolongation de l'Etat d'urgence, le 30 janvier 2016, à Paris
Manifestants place de la République protestant contre la prolongation de l'Etat d'urgence, le 30 janvier 2016, à Paris Crédits : GEOFFROY VAN DER HASSELT / ANADOLU AGENCY - AFP

avec

Chris Blache, socio-ethnographe, co-fondatrice et coordinatrice de l’association « Genre et Ville »

Chris Blache, le 18 août à France Culture
Chris Blache, le 18 août à France Culture Crédits : M. Moneghetti - Radio France

Alice Béja (au téléphone), spécialiste de politique et de littérature américaines. Maîtresse de conférences à Sciences Po Lille, elle a également été rédactrice en chef de la revue Esprit. Elle a notamment publié des textes sur les Noirs aux États-Unis, le féminisme, la littérature protestataire ou l’histoire intellectuelle de la gauche américaine.

Stépahne Tonnelat (au téléphone),  chargé de recherche au CNRS au laboratoire CIRHUS situé à la New York University (NYU). Il mène un travail ethnographique sur divers types d’espaces publics urbains à Paris et New York. Ses principaux terrains sont les interstices urbains (terrains délaissés, friches), les parcs et jardins, le métro et le ferry.

Intervenants
  • Maîtresse de conférences en études américaines à Sciences Po Lille, chercheuse au CERAPS/CNRS

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