LE DIRECT

2012 : comment doper la croissance et le pouvoir d’achat des français ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Nicolas Sarkozy a été élu il y a quatre ans sur une promesse d’augmentation du pouvoir d’achat, qui aurait été obtenue grâce à une croissance vigoureuse. Faut-il incriminer la crise économique ou des erreurs de stratégie dans la gestion de l’économie ? En tous cas, la croissance demeure faiblarde et le pouvoir d’achat, s’il continue de croître, avance à une vitesse d’escargot. Depuis plusieurs années, les Français éprouvent le sentiment que leurs revenus augmentent moins vite que leurs dépenses contraintes – logement et énergie, en particulier. Comme le fait observer le sociologue Jean Viard dans Rue 89, « nos modes de consommation nous coûtent de plus en plus cher. Il y a dix ans, on n’avait pas de téléphone portable, pas d’Internet, ni d’abonnement à des bouquets de chaînes de télévision. […] jusqu’aux années 1990, l’évolution des revenus était suffisante pour absorber les innovations technologiques : lave-linge, lave-vaisselle, téléviseur couleur. [A présent] la croissance des salaires est insuffisante pour absorber le progrès technique ». Et le sociologue d’avertir : « de grandes crises surviennent quand les gens sont obligés d’acheter à crédit ce qui leur semble nécessaire parce qu’ils n’ont pas de revenus suffisants pour ses les payer. »

Il ya un décalage entre la réalité d’une poursuite de l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages (même au ralenti : aux alentours de 1% l’an) et la perception (le « ressenti », comme disent les experts) des Français. Dans un contexte de sortie de crise assez périlleux, le gouvernement qui sortira des urnes l’an prochain aura intérêt à stimuler la consommation.

D’autant que l’avenir réserve de bien mauvaise surprises : la facture énergétique va s’envoler et on nous promet une hausse des tarifs de l’électricité d’au moins 25 % en trois ans pour financer nos centrales vieillissantes davantage si on se décide à investir sérieusement dans le photovoltaïque et l’éolien. Les prix du pétrole et donc des transports et du chauffage sont également promis à emballement sous l’effet d’une forte demande asiatique. Quant aux impôts, ils augmenteront quoiqu’il arrive, sous l’effet mécanique des intérêts de la dette publique.

Augmenter les revenus, tout le monde en est bien d’accord. Reste à augmenter la production nationale, puisque avant de partager un gâteau, encore faut-il le cuisiner.

Intervenants
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure
  • économiste, professeur émérite à l'ESCP Europe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......