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Albert Camus et l'esprit révolutionnaire

40 min
À retrouver dans l'émission

Il y a, c'est évident, quelque chose de suspect dans la présente unanimité qui entoure la commémoration du cinquantenaire de la mort de Camus. Des anarchistes à Nicolas Sarkozy, des catholiques aux athées militants, des porteurs de valises du FNL aux nostalgiques de l'Algérie française, voilà que tout le monde, à présent, s'en réclame. C'est peut-être aussi que l'oeuvre est ambiguë et que la pensée d'Albert Camus, sans cesse sollicitée par l'évènement, n'est pas rectiligne. Ainsi en va-t-il de sa conception de la révolte, que nous vous proposons, ce soir, de mettre en débat. Est-ce bien le même Camus, dont le journal, Combat, proclamait en manchette « De la Résistance à la Révolution » et celui qui signe "L'homme révolté", archéologie sans complaisance des figures de la révolte ? Comme on sait, ce livre fut l'occasion de la rupture avec l'ami et rival, Jean-Paul Sartre. Pas seulement parce que Camus s'y aventurait sur les chemins de la philosophie, que Sartre avait peut-être considérée comme sa chasse gardée. Mais surtout, parce que Camus semblait y renvoyer dos à dos nietzschéens et marxistes, tous deux accusés d'avoir enfanté des monstres, nazisme et communisme. Le premier, en exigeant « l'adhésion totale à une nécessité totale », aurait habitué les Allemands à accepter de grands crimes au nom de vastes desseins. Le second, parce qu'en disciple de Hegel, il aurait imaginé une « Raison en devenir qui s'incarnerait dans l'Histoire », légitimant le mensonge et la violence. A tous deux, il reproche de « vivre en fonction de l'avenir », de rendre « toute morale provisoire ». Sa définition de la révolte, à lui et à cette époque, est limitative : elle est « liée à une idée de limite », une frontière qu'on ne saurait transgresser sans mettre en cause l'intégrité de l'individu et, à travers lui, d' l'humanité. Il faut donc refuser « la démesure », au profit de « la pensée solaire ». Car « l'esprit méditerranéen », aime la nature au lieu de vouloir la châtier comme impure et coupable (comme le christianisme). Il sait jouir de des réalités de la vie, ici et maintenant, au lieu de sacrifier le présent aux promesses illusoires de l'avenir radieux. En quoi les engagements de Camus répondirent-ils à cette définition, prudente, de l'esprit de révolte ? En quoi son oeuvre littéraire la met-elle en scène ? Ce sont les questions dont nous vous proposons de débattre en compagnie de nos invités.

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