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Allons-nous vers la raréfaction des ressources halieutiques sur nos côtes ?

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Serons-nous les dernières générations à pouvoir manger des poissons ? « En tant que ministre de la Pêche, on n'a rien à gagner et tout à perdre », disent les spécialistes. Michel Barnier, le nouveau ministre de l'Agriculture et de la Pêche, était prévenu. Le voilà avec, sur les bras, une crise sérieuse, provoquée par la décision de la Commission européenne d'interdire la pêche à l'anchois « au moins jusqu'en juillet 2008 ». Afin de préserver des ressources qui s'épuisent. « Rien à gagner et tout à perdre », car c'est aujourd'hui une certitude partagée par tous les scientifiques : les capacités européennes de pêche sont surdimensionnées par rapport aux ressources disponibles dans nos mers et nos océans. Pourquoi alors, l'Europe a-t-elle commencé par favoriser l'expansion de nos flottes de pêche, poussant les pêcheurs à s'endetter, avant de prôner aujourd'hui, la restriction ? Bruxelles tente de favoriser le renouvellement des poissons en fixant, chaque année, des quotas de pêche, espèce par espèce, zone par zone, pays par pays. Des rivalités opposent ainsi les pêcheurs de l'Union européenne, les Français reprochant ainsi au Commissaire Joe Borg, d'avoir favorisé les Espagnols et les Croates dans la pêche au thon. Il existerait, en outre, des zones de non-droit où les quotas ne seraient tout simplement pas respectés...Une interdiction totale de pêche peut être décidée, lorsqu'une espèce est menacée d'épuisement. C'est le cas, aujourd'hui, de l'anchois du golfe de Gascogne, dont la population aurait chuté, en cinq ans, de 120 000 tonnes à 20 000. Mais d'autres espèces, sont au moins aussi gravement menacées que l'anchois : la morue est en voie d'épuisement dans l'Atlantique. Le thon rouge de Méditerranée est gravement menacé. Sur la question, l'Europe est divisée entre pays « amis des poissons », tels que le R-U, la Suède, les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique et « amis des pêcheurs », tels que l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, la France, la Grèce. Mais dans la guerre de l'anchois, la position des pêcheurs français, qui bloquent les ports de Vendée et de Loire Atlantique, est singulièrement affaiblie par celle de leurs confrères espagnols. Ces derniers, rendent les Français de l'épuisement des ressources et acceptent la décision de Bruxelles. « Le problème, c'est que la France ne veut pas admettre la réalité, à savoir qu'il n'y a plus d'anchois, que la surexploitation a épuisé le golfe de Gascogne », déclare ainsi à La Croix le président de la Fédération des pêcheurs de la province basque espagnole de Guipuzcoa. Pourquoi, depuis le début des années 1990, les quantités de poissons débarquées sont-elles plus faibles et les poissons plus petits ? Les pêcheurs sont-ils les seuls coupables ? L'attribution des quotas de pêche, qui se base sur le poids des prises de l'année précédente, doit-il être révisée ? Notre modèle européen de gestion des ressources halieutiques est-il « soutenable » ?

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