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Archéologie : un passé qui coûte cher à l'avenir ?

40 min
À retrouver dans l'émission

A quel prix la modernité fixe-t-elle les temps reculés ? Demain et après-demain se tiendra un grand colloque au Centre G. Pompidou à Paris sur les enjeux de l'archéologie préventive. Un colloque qui s'adresse au grand public dans un souci de partager les motivations scientifiques et les fruits de cette recherche. L'archéologie est encore bien souvent et à tort associée à la découverte de trésors antiques, à la trouvaille d'objets uniques, bref à une sorte de quête du Graal, un Graal qui prend parfois l'aspect déconcertant d'un fragment d'ossement humain - pourvu qu'il soit vieux, très vieux. Ceux de nos auditeurs qui écoutent régulièrement sur nos ondes Vincent Charpentier et son Salon Noir, tous les mercredis, de 14h 30 à 15h , savent que la discipline s'est considérablement renouvelée et même élargie dans ses techniques et ses centres d'intérêts. Mais l'archéologie a toujours un ennemi, le même : le bulldozer. En France l'activité d'aménagement du territoire est toujours très intense : l'équivalent d'un terrain de football est retourné en profondeur toutes les huit minutes et l'on découvre en moyenne un site important par kilomètre de nouvelle infrastructure, routière ou ferrée, sans parler des multiples aménagements urbains. C'est dire l'importance des enjeux La création d'un institut d'archéologie préventive en 2001 a permis de rattraper le retard français en matière de préservation du patrimoine. Aujourd'hui tout nouveau projet de construction est soumis à un diagnostic préalable, entendez par là un Mais les dents grincent du côté des élus locaux. Ces exigences sont difficiles à concilier avec leur volonté de transformation des territoires ; les résultats de ces fouilles ne sont pas accessibles, ou quand ils le sont, leur importance scientifique n'est pas simple à comprendre. Si bien que la justification des délais souvent très longs et des taxes imposées paraît parfois mince, au regard des nécessités de la compétition économique. Du côté des archéologues, la perplexité est autre : le diagnostic et la fouille préventive n'empêchent pas à terme la destruction, à part dans les cas très rares où les sites sont classés. La solution passerait peut-être par une intégration plus systématique des vestiges anciens dans les constructions modernes, comme le font les Italiens ? Une option que les urbanistes et les architectes retiennent peu de ce côté des Alpes. Autant de questions qui se peuvent se formuler ainsi : prévenir, conserver, comment et à quel prix ?

Intervenants
  • Archéologue et préhistorien français. Professeur émérite de protohistoire européenne à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, membre honoraire de l'Institut universitaire de France et ancien président de l'Inrap
  • directrice de recherche au CNRS, a été responsable de l'équipe « Archéologie de la Gaule, structures économiques et sociales » au sein de l'UMR 7041 du CNRS à l'université de Nanterre, puis a dirigé le groupement de recherche « Les denrées en
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