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Autour des mères porteuses

40 min
À retrouver dans l'émission

Pas moins de cinq instances, le Sénat, le Comité consultatif national d'éthique, l'Académie de médecine, le Conseil d'Etat et l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques, planchent actuellement sur le sujet : faut-il changer la législation française et autoriser la gestation pour autrui ? On connaît déjà le résultat du travail des sénateurs : le rapport qu'ils ont rendu public le 25 juin dernier se prononçait clairement en faveur d'une légalisation du recours à une mère porteuse pour répondre à la souffrance des femmes infertiles. A l'heure actuelle, on estime à plusieurs centaines les couples qui se rendent chaque année à l'étranger, le plus souvent en Amérique du Nord, Californie ou Canada, pour mener à bien leur projet d'enfant ; là-bas, la gestation pour autrui est reconnue et surtout encadrée juridiquement, loin du grand marché des ventres à louer qui est parfois décrit. Alors, la France échappera-t-elle à la tendance lourde des démocraties occidentales qui tend à avaliser un droit à être parent ? Et après tout, n'est-ce pas parfaitement injuste d'autoriser le recours à un don d'ovocytes aux femmes qui ne produisent pas d'ovules et de refuser l'offre d'une gestation extérieure à celles qui n'ont pas d'utérus ? Dès lors que la médecine considère que la stérilité est une pathologie, alors ces femmes méritent toutes une égale considération. Evidemment, la gestation pour autrui engage une mobilisation du corps et de l'âme de celle qu'on appelle la « mère porteuse » pendant au moins 9 mois. Ce qui rend la question plus épineuse que celle du don de gamètes. On peut considérer que cet usage est une nouvelle instrumentalisation du corps féminin, au moment même où la contraception et l'avortement en ont redonné aux femmes toute la maîtrise. Alors la question pourrait se formuler en ces termes : le droit à l'enfant tel qu'il se dessine dans nos sociétés modernes peut-il jouer contre le droit des femmes ?

Intervenants
  • professeur de gynécologie-obstétrique, spécialiste en procréation médicalement assistée
  • Juriste, spécialiste en droit de la famille et de bioéthique, chercheuse à l'Université Paris I Panthéon Sorbonne
  • Professeur de droit privé à l'université Paris-I, responsable du département Sciences et droit du Centre de recherche en droit privé (CNRS)
L'équipe
Production
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