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Biotechnologie :les lobbies pèsent -ils sur les résultats de la recherche ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Quand on a vu le documentaire de Marie-Monique Robin, on se dit que, vraiment, le monde selon Monsanto n'est pas beau à voir - comme toute multinationale, cette firme américaine, spécialisée en biotechnologies, joue sa partie, la maximisation des profits, sur la scène mondiale au détriment, souvent, de la vérité, parfois de l'intérêt des agriculteurs, ou des consommateurs. Cette face noire du capitalisme, l'américain Michael More nous en avait déjà donné une idée, avec son documentaire sur Nike et l'exploitation du travail des enfants. L'histoire de Monsanto n'est qu'un nouvel exemple de ce que la logique du profit n'est pas une logique vertueuse : plutôt que de renoncer à l'un de ces produits phares, les PCB, la société a feint d'ignorer pendant 40 ans qu'il présentait un risque grave pour la santé. Autre exemple, cette fois-ci très récent : l'herbicide le plus vendu au monde, le round up, était encore présenté il y a encore quelques années comme un produit « biodégradable » avant que la firme soit condamnée par un tribunal de Lyon, l'année dernière, pour publicité mensongère, la justice française ayant d'ailleurs considéré que l'industriel savait préalablement à la diffusion des messages que son produit présentait un caractère écotoxique. Dans ces conditions, on s'attend à une chose, que les pouvoirs publics organisent la contre-expertise et imposent une régulation là où elle est nécessaire. C'est, à mon sens, la question que pose le documentaire de Marie-Monique Robin : l'information peut-elle se faire jour quand elle déplaît à une entreprise extrêmement puissante ? Au fil du documentaire, se dessine une liste de scientifiques qui, pour avoir émis des doutes sur l'innocuité de certains produits, hormone de croissance ou OGM, ont été la cible d'une campagne de dénigrement ou qui ont vu leur carrière compromise. Il s'agit pas de dire qu'ils avaient nécessairement raison parce qu'ils sont devenus des victimes, mais plutôt de se demander comment des savants parfaitement insérés dans le jeu de la recherche mondiale, peuvent être réduits au silence simplement pour avoir briser le consensus qui régnait sur telle ou telle question. La science ne progresse pas dans le consensus, mais dans la controverse, et les pouvoirs publics devraient tout mettre en oeuvre pour protéger ces lanceurs d'alerte plutôt que de les marginaliser. Alors questions pour nous, citoyens : les chercheurs, et les institutions dans lesquelles ils travaillent, sont-ils vraiment indépendants des lobbies industriels ? Quelle est leur liberté de parole sur des sujets aussi brûlants que les pesticides ou les OGM ?

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