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Chineurope: en rachetant nos dettes, la Chine est-elle en train de se payer l'Europe?

39 min
À retrouver dans l'émission

Ouf ! On respire. Le Portugal n’a pas eu de mal à emprunter les 1, 250 milliards d’euros dont son Etat avait besoin en ce mois de janvier pour boucler son budget. Et il a pu emprunter à un taux décent : 6,71 %. Pour autant, peut-on dire que l’euro est sauvé et que la dette publique européenne est soutenable ? Quelle part de la dette publique portugaise est détenue par la Chine ? « Nous sommes prêts à aider les pays de la zone euro à surmonter la crise financière et à réussir leur reprise économique. A l’avenir, l’Europe sera l’un de nos principaux marchés pour y investir nos réserves de change », annonçait fin décembre le porte-parole du Ministère chinois des Affaire Etrangères. Et le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a signé un éditorial dans El Pais, garantissant à l’Espagne un soutien chinois qui s’est traduit et se traduira par des achats massifs de dette publique.

Premier exportateur de la planète, la Chine dispose de 2. 650 milliards de dollars de réserves de change, auxquels s’ajoutent les masses de manœuvre de ses fonds souverains, soit un trésor de guerre de l’ordre de 3.500 milliards de dollars. Que faire de tout cet argent ? Pendant longtemps, il a été investi massivement en Bons du Trésor américains. La Chine aurait ainsi acquis 907 milliards de dettes américaines. Mais les Européens sont en train de découvrir qu’elle s’intéresse désormais à leurs propres dettes l’Empire du milieu en détiendrait pour 630 milliards d’euros.

Pourquoi s’en inquiéter ? N’est-ce pas la preuve que les Chinois nous font confiance, qu’ils croient en notre capacité de rembourser nos dettes ? Oui mais, dans le même temps, la Chine investit massivement en Europe, rachetant de vieilles industries comme le Suédois Volvo, ou le Français Cerruti, nos infrastructures, comme le port du Pirée ou l’aéroport de Chateauroux. Les Américains, eux, ont mis en place un Comité en charge du contrôle des investissements étrangers, afin d’empêcher les Chinois de piller leurs technologies de pointe. Récemment, le commissaire européen à l’Industrie, Antonio Tajani apelait à en faire de même en Europe. « Les entreprises chinoises achètent de plus en plus d’entreprises européennes disposant de technologies clés dans des secteurs importants. Il s’agit d’investissements, mais derrière, il y a aussi une stratégie politique à laquelle l’Europe doit répondre politiquement. » La France approuve, l’Allemagne pas.

Faut-il ou non s’inquiéter de notre dépendance croissante envers la Chine et ses milliards ?

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