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CSA, gendarme de l'Internet ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Il existe des serpents de mer que nos chers députés font apparaître régulièrement des profondeurs du Palais Bourbon, avant de les y renvoyer jusqu'au prochain épisode. Prenez, par exemple, l'idée de faire contrôler les contenus audiovisuels disponibles sur internet au même titre que ceux proposés par les chaînes de télévision. Lors du vote sur la Loi pour la confiance et la sécurité dans l'économie numérique, le Rapporteur, Jean Dionis Du Séjour (UDF) avait eu toutes peines du monde à faire abroger une disposition rattachant la communication en ligne (sur internet) au domaine de la communication audiovisuelle, régie par la loi. On était en février 2003. La semaine dernière, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefèbvre est revenu à la charge, avec un amendement proposant de confier au CSA des pouvoirs de contrôle et de filtrage des sites internet et de taxer les sites au bénéfice de la production audiovisuelle nationale. Il n'a pas été suivi, cette fois. Mais qu'une affaire d'adolescente séduite sur internet par un psychopathe fasse à nouveau l'actualité et on peut imaginer voir basculer la majorité du Palais Bourbon. On peut comprendre le raisonnement : faites l'expérience suivante. Rendez-vous chez YouTube et demandez « Oui-Oui ». Vous croyez pouvoir laisser votre gamin de 5 ans devant l'écran et aller vous faire un thé à la cuisine. Sauf que, parmi les autres vidéos que le site de partage américain lui propose, sur le même écran, sur un simple clic, apparaissent immédiatement les parodies - vulgaires, stupides, voire franchement obscènes - du petit chauffeur de taxi à grelot créé par Enid Blyton. Mais dans cette affaire, deux logiques se contredisent. D'un côté, le tropisme étatiste français - dont l'idéal demeure le monopole public. Notre Etat se méfie a priori de tout mode d'expression qu'il ne contrôle ni ne subventionne. A fortiori, lorsque le média en question est basé à l'étranger. Mais en face, il y a la déferlante libéralisatrice que représente internet. La toile bouscule tout ce qui prétend régenter, contingenter, taxer. Surtout dans sa version du Web 2.0 où ce sont les internautes eux-mêmes qui produisent et mettent en ligne leurs contenus sur des adresses qui ne sont plus que de simples site de partage.

Intervenants
  • Vice-président d'Agir, membre de LREM, ancien Secrétaire d'État chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions libérales et de la Consommation
  • Sociologue au CNRS, spécialiste des médias, d'internet et de la culture des jeunes. Enseignante à l'EHESS
L'équipe
Production
Production déléguée
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