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Dans quel état la « politique de la mémoire » laisse-t-elle la Pologne ? en direct et en public de Varsovie,du Café Librairie Czuly barbarzynca

40 min
À retrouver dans l'émission

Andrzey Paczkowski avec Tara Schlegel et Brice Couturier
Andrzey Paczkowski avec Tara Schlegel et Brice Couturier
Andrzey Paczkowski avec Tara Schlegel et Brice Couturier © Laetitia Cordonnier / RF A la différence de ce qui s'est passé en Tchécoslovaquie ou en Allemagne, la Pologne n'avait pas connu de « lustration ». Au contraire, le premier ministre de la Pologne retournée à la démocratie, Tadeusz Mazowiecki, avait proposé à la société polonaise de tirer un « gros trait » sous le passé, sous le passif, de la période communiste. De pardonner à des adversaires politiques qui les avaient sans doute réprimés et emprisonnés, mais qui avaient eu en tous cas le bon goût de s'effacer et de rendre le pouvoir sans effusions de sang en 1989. Dans l'esprit de tolérance, d'ouverture et de réconciliation nationale dans lequel avait baigné le syndicat Solidarité en ses belles années. Mais tout a brusquement changé il y a deux ans, avec l'arrivée au pouvoir du PiS. Ce parti a choisi d'axer sa campagne sur la dénonciation de l'accord de 1989 et la révélation des turpitudes, réelles ou imaginaires, du passé. Les Kaczynski ont accusé la « pseudo-élite » - le « salon » comme ils disent, de s'être entendus pour désigner l'intelligentsia - de s'être partagés la Pologne. Ils ont fait en sorte que la mémoire nationale redevienne l'un des principaux axes de la politique des frères Kaczynski. Le pouvoir, à travers l'éducation nationale, les commémorations et la dénonciation délectation morose des malheurs nationaux du passé, a mis en branle une « polityka pamieci » - une politique de la mémoire. Tel un fleuve de boue, elle a semblé devoir tout emporter sur son passage. Même les figures les plus admirables du combat patient pour la démocratie et les droits de l'homme, comme Jacek Kuron, ont été souillés. Le pays a sombré dans une martyrologie aux accents revanchards. L'appétit de nouveauté, le désir brûlant d'ouverture et de voyage qui anime les jeunes générations a été contredit par la hantise du passé « qui ne veut pas passer » d'une autre génération, amère et frustrée de constater que ses souffrances ne semblaient compter pour rien. Mais pouvait-il en être autrement dans un pays où la mémoire publique, autorisée, et la mémoire familiale et privée ont si longtemps et si profondément divergé ? Dans un pays où les ministres d'aujourd'hui ont été si longtemps les prisonniers politiques d'hier, où les héros de l'insurrection anti-nazie de 1944 ont longtemps du cacher leurs faits d'armes pour échapper à la police communiste, comment pouvait-il en être autrement ? Alors qu'une page politique vient d'être tournée avec la victoire des libéraux pro-européenns de la Plateforme Civique, il nous a paru intéressant de recueillir sur place les avis de trois éminents intellectuels polonais.
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