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Diminuer le nombre de fonctionnaires permet-il de faire baisser les dépenses publiques ?

40 min
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Un 3° conseil de modernisation des politiques publiques aura lieu en mai sous l'autorité du président de la République. Sans présager de ce qui en sortira, on peut déjà essayer de comprendre la direction prise, à la lumière des deux premiers exercices. L'opinion a surtout été frappée par les annonces de campagne électorale concernant le non-renouvellement d'un poste de fonctionnaire sur deux partant en retraite. Cette mesure est dorénavant repoussée à 2009, mais elle est déjà vivement contestée par les syndicats. Selon le ministre du Budget, Eric Woerth, elle devrait permettre une économie de 900 millions d'euros par an d'ici la fin du quinquennat. Mais comme la moitié de cette somme sera redistribuée aux fonctionnaires, afin de les intéresser à une politique d'amélioration des services publics, « l'économie » ainsi réalisée se limitera donc à 450 millions d'euros. Pour donner un ordre de comparaison, le déficit budgétaire s'est élevé à 50,3 milliards pour l'année 2007. Plus de 100 fois plus. D'où la question : réduire le nombre de fonctionnaires contribue-t-il vraiment à réduire la dépense publique ? Une étude du Centre d'analyse stratégique publiée ce mois-ci apporte à cette question d'intéressants éléments de réponse. Résumons un peu cette note n° 96 d'avril 2008 intitulée « Quelles évolutions de l'emploi public dans les pays développés ? ». Parmi les pays qui ont soumis leurs services publics à de sévères cures d'amaigrissement au cours des années 90, comme le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suède, le Danemark, ou encore la Nouvelle-Zélande, certains ont effectivement réalisé par ce biais d'importantes économies. C'est notamment le cas de la Suède, et dont le taux d'administration après la réforme reste bien supérieur à celui de la France avant : nous en sommes à 93 fonctionnaires pour mille habitants, eux à 148. Le Danemark et le Canada aussi ont réalisé d'importantes économies budgétaires en réduisant la voilure de sa fonction publique. Mais d'autres pays, qui avaient fait baisser la part de la dépense publique dans le PIB, comme le Royaume-Uni ou la Nouvelle-Zélande, ont vu le pourcentage des rémunérations des employés des administrations publiques redécoller depuis le début des années 2000. C'est notamment le cas du Royaume-Uni, où l'Etat a dû réembaucher pour améliorer des services publics ciblés. C'est aussi le cas des Pays-Bas et de la Nouvelle-Zélande, où la sous-traitance à des agences privées de certaines missions de service public s'est traduite par une récente remontée des dépenses publiques. Ce qui amène à se poser un certain nombre de questions. Peut-on « tailler dans la fonction publique » en maintenant, voire en améliorant les services rendus aux usagers des services publics ? La baisse du nombre de fonctionnaires peut-elle tenir lieu de réforme de l'Etat ? Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite permettra-t-il de ramener le budget public à l'équilibre en 2012, comme s'y est engagé le président de la République ?

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