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Discrimination positive

40 min
À retrouver dans l'émission

Si la nécessité de lutter contre les discriminations est globalement bien acceptée par tous les citoyens -ou presque - dès qu'il s'agit de mettre en oeuvre un « traitement préférentiel », réservé à certaines catégories de la population, on se heurte presque toujours à une levée de boucliers. Au nom de l'égalité en droit des individus, de la méritocratie républicaine, aussi - il est presque impossible d'aider ceux qui ont (à priori) moins de chance de réussir que les autres. Car comment définir ces populations qui accuseraient un retard ? Faut-il les choisir en fonction de leur sexe, la couleur de leur peau, leurs origines, leur nationalité, leur capacités intellectuelles, leur handicap physique, leur religion que sais-je encore. Quels sont les critères qui pourraient permettre de compartimenter ainsi le peuple, au mépris de l'article 1er de la Constitution qui veut que la France soit une République indivisible, laïque et sociale ? Pourtant la réalité nous oblige à voir que derrière cette égalité en droit se cache très souvent une absence d'égalité réelle. Bien que les chiffres soient très délicats à manier - car il est vrai qu'en France, toute statistique ethnique était jusqu'à présent interdite, plusieurs indicateurs sautent aux yeux. Prenons le chômage. D'après le rapport publié par l'Institut Montaigne en 2004 - rapport intitulé « les oubliés de l'égalité des chances » il apparaît que le chômage touche les jeunes deux fois plus, quand ils résident dans les ZUS, les zones urbaines sensibles. Là où sont concentrés beaucoup d'habitants d'origine non-européenne. Près de 40% des moins 25 ans qui habitent dans ces quartiers sensibles n'ont pas de travail, contre 23% environ pour la moyenne dans jeunes français. Prenons maintenant la représentativité politique : en 2004 il n'y avait pas un seul député à l'Assemblée Nationale, issus d'une minorité visible. Alors que près de 8 millions de personnes dans l'hexagone sont d'origine maghrébines, africaines, asiatiques ou autres (dont une majorité sont français). Pire, toujours en 2004, l'étude de l'Institut Montaigne a recensé - en se basant sur les noms des gens - en recherchant donc les noms à consonances étrangères 3 conseillers généraux dans toute la France ayant un patronyme non européen - deux étaient des élus communistes de Seine Saint Denis) 4 conseillers régionaux et 1 maire - dont le nom était à consonance maghrébine - maire d'une commune de 256 habitants dans l'Hérault. Fin de la liste. Depuis, l'égalité des chances est prônés par nombre d'hommes politiques - plusieurs entreprises ont signé une Charte de la diversité. On commence à voir des personnalités Noires ou Arabes à la télévision. Quelques ministres sont venus colorer (aussi) le gouvernement - mais que fait-on concrètement pour corriger les inégalités dont souffrent ces populations. La France est-elle prête à mettre en oeoeuvre les politiques d'affirmative action comme on en voit aux Etats-Unis, au Canada, en Afrique du Sud ou en Inde ? Et sur quels critères baser ces mesures ? Faut-il instaurer des quotas - comme l'a fait pour les femmes au moment de la loi sur la parité, comme on le fait aussi pour handicapés dans le monde du travail ? Faut-il inventer au contraire d'autres dispositifs - à même de corriger les inégalités dont souffrent les minorités ? Comment alors ne pas tomber dans les travers d'un communautarisme - toujours très décrié en France ? Comment ne pas dévaloriser les diplômes et les compétences de ceux qu'on aurait ainsi favorisés - voilà quelques unes des questions dont nous allons discuter avec nos invités.

Intervenants
  • professeur de philosophie politique et d'éthique à la Sorbonne
  • essayiste et ancien membre du Haut Conseil à l'intégration
  • ancien commissaire à la diversité et à l'égalité des chances (2008-2012)
  • Directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS et co-directeur de l'Observatoire franco-allemand de l'Indo-Pacifique
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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