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Doit-on racheter les privilèges ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Autour du livre "La fin des privilèges". Deux économistes ont sorti à la veille des élections un essai beaucoup commenté dans la presse économique mais délibérément ignoré par les politiques. « La fin des privilèges, ou payer pour réformer ». On devine les raisons de cette prudence : le propos du livre est délibérément provocateur. Qu'on en juge par ce bref résumé : plutôt que les réformes rempantes, qui n'aboutissent jamais, et afin d'éviter le big bang version Thatcher qui nous menace, si nous persistons dans notre immobilisme face aux mutations du monde, mieux vaudrait « racheter » les rentes, privilèges ancestraux et autres droits acquis - dont les détenteurs bloquent les évolutions nécessaires. « Derrière chaque réforme se cache un privilège », écrivent les auteurs. Et les détenteurs de ces « rentes » s'y accrochent d'autant plus qu'ils savent que beaucoup d'autres ont les leurs. D'où leur proposition iconoclaste : que l'Etat rachète à leur prix de marché tous ces petits et grands privilèges dans une sorte de Nuit du 4 Août légale. Quitte à faire exploser, dans un premier temps, la dette publique, mais avec l'espoir de booster ainsi la croissance et de rembourser ultérieurement la dette publique. Ainsi, préconisent Jacques Delpla et Charles Wyplosz, l'Etat devrait racheter aux chauffeurs de taxis leurs « plaques », pour sortir de la situation actuelle de numérus clausus qui, en rendant les taxis trop rares, dissuade ceux qui seraient susceptibles d'y avoir recours. La plupart des professions libérales sont parvenues de telles limitations afin de préserver leur marché ; elles devraient subir le même sort. Des centaines de milliers d'emplois seraient ainsi créés. Idem du côté du chômage : plutôt que de protéger les salariés contre les licenciements, mieux vaudrait leur garantir des indemnités de chômage élevées, et donner plus de libertés aux employeurs d'embaucher et de débaucher. Même l'emploi à vie des fonctionnaires devrait leur être racheté, afin que l'Etat puisse se séparer des moins performants. Quant à notre ruineuse politique agricole commune, autant y mettre un terme définitif, mais à conditions de verser aux agriculteurs des « montants compensatoires définitifs », leur permettant éventuellement d'affronter la concurrence des pays du Sud....

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