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Doit -on se tuer au travail pour rester employable?

40 min
À retrouver dans l'émission

Voilà un sujet qui nécessite une grande prudence dans l'analyse. Qui peut se targuer de comprendre les motifs d'un salarié qui vient de se pendre sur son lieu de travail ? Qui peut affirmer (avec certitude) que ce geste désespéré est forcément dù au stress professionnel ? A la souffrance d'un métier? On le sait , tout acte suicidaire relève de multiples facteurs. Cela étant dit, les faits sont quand même troublants. Le 16 juillet dernier, un ouvrier de 55 ans est retrouvé mort dans l'usine PSA de Mulhouse. L'enquête parle d'un acte d'ordre privé. Mais Mario Graffi est le 5ème salarié, en l'espace de quatre mois à se suicider sur le site de l'usine automobile. Evidemment Peugeot-Citroën est loin d'être l'unique entreprise touchée par ces drames. Chez Renault - le Technocentre qui a été endeuillé l'hiver dernier. Situé à Guyancourt, il s'agit du principal centre de recherche du constructeur automobile. La Ruche, comme on la surnomme, abrite des ateliers design, de réalisation de prototypes, et pas moins de 8 restaurants, pour 12 000 salariés. C'est dans ces locaux ultramodernes, que 3 personnes se sont données la mort entre octobre et février dernier. Enfin à EDF, trois agents se sont suicidés dans la centrale de Chinon depuis août 2006. Une liste qui est loin d'être exhaustive. Mais qui montre que le phénomène n'est pas banal, et connaît même une progression inquiétante en France. Les données statistiques sont très insuffisantes. Les spécialistes s'accordent sur une fourchette de 300 à 400 suicides par an sur le lieu de travail. Environ « un mort par jour » disent aussi tous ceux qui veulent frapper les esprits et dénoncer ces drames. Il faut rappeler par ailleurs que les accidents du travail - qui ne sont évidemment pas du même ordre - restent particulièrement élevés en France. Deux mille personnes se blessent toutes les 24 heures - à la clé un arrêt de travail temporaire où permanent qui occasionne un coût, pour la sécurité sociale et l'ensemble de l'économie chiffré à 3% de la richesse nationale. Si on ne doit pas mettre sur le même plan tous ces drames, ils posent néanmoins les mêmes questions : comment expliquer leur fréquence ? Doit-on incriminer les nouvelles formes d'organisation du travail ? Faut-il à propos des suicides invoquer le délitement du lien social ? Internet et les mails, qui rendent parfois les réunions presque inutiles ? L'évaluation permanente des salariés ? Et surtout comment prévenir ces passages à l'acte ? Que peuvent faire les enterprises, et plus largement la société?

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
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