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Droit au logement : du virtuel au réel...

40 min
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La guerre des chefs, à droite, a décidément toute sorte de retombées positives. Tout à son obsession de dépouiller Sarkozy de son programme électoral, Jacques Chirac découvre, à la fin de son 2° mandat en tant que président de la République, l'urgence qu'il y aura à traiter certains problèmes qui minent la société française. Parmi ces problèmes, figure celui des mal logés, sur lesquels l'association Les Enfants de Don Quichotte a fort opportunément attiré l'attention des média durant la récente trêve des confiseurs. D'abord les faits. Près d'un million de personnes sont considérées comme mal logées dans notre pays. 934 000 exactement. Soit 533 000 qui, faute de réunir les conditions pour obtenir une vraie location, sont contraintes de vivre en meublé. 41 000 qui sont logées, selon un doux euphémisme, « en constructions provisoires » - c'est-à-dire dans des bidonvilles. 100 000 qui goûtent aux joies du camping - mais toute l'année, hiver compris... 50 000 qui vivent à l'hôtel - ce qui n'est que très minoritairement un choix d'esthète... Enfin 86 500 personnes qui vivent carrément dans la rue. Certes, 42 % de ces SDF ont accès à un appartement financé par un service d'aide et 14 autres pour cent à un centre d'hébergement de nuit. Mais il en reste donc 7 000 qui sont condamnées à dormir sous des cartons - dont 2 000 rien qu'à Paris. D'où l'idée d'un « droit opposable au logement ». Cette idée a déjà un long chemin derrière elle. Elle a germé du côté d'ADT Quart Monde et du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées qui l'avait incluse dans son rapport de 2002. Elle a ensuite été reprise par le Conseil économique et social en 2004. Elle a fait l'objet d'une proposition de loi signée Christine Boutin en septembre 2005. Le candidat Sarkozy l'a reprise à son compte en octobre 2006. Et le président de la République en a donc découvert l'urgence à l'occasion de ses voeux de Nouvel An le 31 décembre dernier. Le gouvernement aura-t-il le temps de concevoir et de faire voter une loi en ce sens alors que la session parlementaire se termine fin février ? Un gouvernement qui laisse pour ardoise une dette publique de 66,6 % du PIB a-t-il le droit moral d'engager financièrement ses successeurs - et les collectivités locales - pour un montant financier que personne ne parvient à évaluer, alors même qu'il a décidé une baisse de 8% de l'impôt sur le revenu ? Notre culture politique est marquée par la fâcheuse tendance à confondre les proclamations et les actes. Tocqueville déjà dénonçait la mauvaise habitude des gouvernants à croire les problèmes réglés par la simple adoption d'une loi ou d'un règlement. La société, ses plus démunis, peuvent-ils se contenter d'un énième rappel des grands principes ? Enfin, le problème du logement des plus démunis de nos compatriotes ne saurait être isolé de la question plus générale du logement, devenue obsédante pour la grande majorité de nos compatriotes : qui porte la responsabilité des hausses extravagantes des récentes années ? Pourquoi les Français ne parviennent plus à se loger ?

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