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En direct et en public du Centre Pompidou à l'occasion de l'ouverture de l'exposition « Traces du Sacré »

40 min
À retrouver dans l'émission

Pour Durkheim, la barrière entre le monde des choses sacrées et celui des choses profanes était constitutive de toute société. Toute personne, tout lieu, tout objet décrété « sacré » dans le cadre d'une société donnée, est protégé et isolé par toute sorte d'interdits, dont la transgression entraîne une variété de châtiments. Ce qui relève du profane, du quotidien prosaïque, doit s'en tenir à l'écart. On aurait pu s'attendre à une disparition du sacré, à une extension indéfinie du profane, au fur et à mesure que la religion s'effaçait à l'horizon de notre culture européenne. Il n'en fut rien. A partir du romantisme, comme l'a si bien montré Paul Bénichou, le poète, inspiré et donc présumé en communication avec l'au-delà, a proclamé sa vocation à supplanter le prêtre dans le rôle de guide spirituel de l'humanité. Le Mage romantique a une « vue au-delà », écrit Bénichou. C'est un personnage sacré. Le peintre romantique aussi, qui peint « avec les yeux fermés », comme Friedrich, pour mieux exprimer son inlassable questionnement du mystère de l'existence. Entre la religion et l'art, s'est opérée une sorte de transfert, renforcée par la nouvelle conception de l'artiste en tant que créateur de mondes, rival, à son échelle, du Dieu Créateur. Il est dorénavant, pour nous, celui qui pressent et sait communiquer la présence de l'au-delà ici-bas. Le goût esthétique assume ainsi, de nos jours, une sorte de fonction spirituelle de substitution. D'autant plus que l'art s'est défini, depuis plusieurs décennies, à partir de l'idée de transgression - qui présuppose la fameuse « barrière » durkheimienne entre profane et sacré. Comme le souligne Catherine Golliau dans Le Point, la recherche d'inspirations ésotériques et symboliques dans l'art du XX° siècle, est déjà une tradition en Amérique et en Europe du Nord. Et d'importantes expositions y ont eu lieu, dés les années 60, sur cet aspect du travail de personnalités comme Kandinsky. La France, rationaliste et positiviste, voyait, paraît-il, ces investigations d'un mauvais oeil. Ce n'est décidément plus le cas, comme le démontre l'exposition « traces du sacré » organisée au Centre Pompidou, auquel notre station s'est associée.

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