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Est-ce d'une politique de l'offre dont la France a besoin ?

40 min
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Quand on obtient des majorités aussi massives que celles que collectionne l'UMP, dimanche après dimanche, cela crée aussi quelques responsabilités envers le pays. On le sait à droite comme à gauche, la France souffre du report d'un certain nombre de réformes indispensables par lesquelles sont déjà passées la plupart des autres pays d'Europe - et qui leur ont bien réussi. Elles attendent le gouvernement actuel. Voyons comme il entend y faire face. En gros, notre pays souffre d'une baisse régulière de la compétitivité de ses produits, qui se traduit par une dégradation régulière de sa balance commerciale, ainsi que par un déficit structurel de ses finances publiques. Les Français maintenus hors du travail sont trop nombreux pour assurer le financement du système social ; ceux qui disposent d'un emploi travaillent en moyenne beaucoup moins d'heures par an que leurs voisins d'Union Européenne (1 430 contre 1 620). Qu'ils soient au travail ou pas, ces Français voient leur pouvoir d'achat progresser de plus en plus faiblement. Enfin et ce n'est pas sans rapport, le niveau des prélèvements obligatoires dans notre pays est bien trop supérieur à celui de la moyenne européenne (44,4 % l'an dernier chez nous contre 39 % dans l'UE). On attend donc au tournant la majorité sur chacun de ces sujets. Or, les premières mesures annoncées par le gouvernement vont toutes dans le même sens : la création du « choc fiscal » annoncé par le candidat Sarkozy durant sa campagne. L'ampleur des moins-values sociales et fiscales que le gouvernement s'apprête à concéder aux ménages - et en particulier aux plus aisés d'entre eux - devrait approcher les 12 milliards d'euros en année pleine, donc dés l'an prochain. Entre la défiscalisation des heures supplémentaires, la déduction d'intérêts accordée aux ménages qui achètent à crédit leur résidence principale, la quasi-suppression de l'impôt sur la fortune, la quasi-disparition des droits de succession, la défiscalisation du travail étudiant, le « bouclier fiscal » à 50 % des revenus et j'en oublie, l'Etat va prélever moins. S'il le fait c'est, bien sur dans l'espoir que les Français dépenseront davantage, dopant ainsi la croissance. Mais la croissance française est déjà bien trop assise sur la consommation des ménages et pas suffisamment sur l'investissement, tant privé que public. Le vrai problème de l'économie française est du côté de l'offre, insuffisante, pas de la demande. Tout le monde le proclame à présent, y compris du côté de la candidate socialiste battue le 6 mai. Et c'est un langage nouveau, à gauche. Le gouvernement insiste sur le fait que la hausse probable de la TVA n'aura pas d'autre but que de compenser une baisse devenue nécessaire des cotisations sociales. Comment compte-t-il donc financer ces allègements massifs d'impôts ?

Intervenants
  • économiste, directeur du département économie de la mondialisation de l'OFCE et professeur associé à l'université Paris IX-Dauphine
  • Economiste et analyste politique, professeur titulaire de la chaire d'économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)
  • économiste, professeur émérite à l'ESCP Europe
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