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Est-ce la fin du moment démocratique ?

40 min
À retrouver dans l'émission

En collaboration avec le CERI pour leur colloque : la fin du moment démocratique, un défi pour l'Europe" : les 11 et 12 mai 2007. Les démocraties pensent en général qu'elles ont intérêt à voir s'étendre à la terre entière leur propre système. Parce la démocratie apporte normalement la prospérité et que les peuples libres et prospères préfèrent le droit et la négociation plutôt que le conflit et la guerre. Les peuples les plus messianiques ajoutent qu'il serait immoral de ne pas faire bénéficier les autres du système qui leur a si bien réussi. Durant les années 1990, après la chute du Mur de Berlin et la désintégration de l'empire soviétique, nous avons vécu une brève euphorie. Appelons-la le « moment Clinton ». La vitesse à laquelle la démocratie se propageait alors en Europe centrale, après la chute des dictatures militaires en Amérique latine, semblait signifier que la démocratie correspondait à une aspiration spontanée de tous les peuples de la terre. Depuis, nous avons pas mal déchanté. Rappelons quelques étapes qui ont correspondu à une prise de conscience de ce désenchantement. D'abord l'expression « démocratie illibérale » forgée par Fareed Zakaria, il y a exactement dix ans. Dans un article devenu fameux, publié par Foreign Affairs, Zakaria expliquait que l'élection des dirigeants au suffrage universel ne garantissait nullement le respect des libertés publiques. Dans les pays sans culture démocratique préalable, sans société civile pluraliste, les dirigeants élus peuvent fort bien se comporter de manière tyrannique. Ils ont même une sacrée tendance à le faire, d'autant que leur autorité est confortée par l'onction populaire. Plus récemment, une universitaire, née dans la minorité chinoise des Philippines et enseignant à Yale, a mis en garde contre l'illusion occidentale selon laquelle la démocratie de marché était la solution dans tous les pays émergents. Dans un livre intitulé World on fire, Amy Chua montre que là où, traditionnellement, une minorité ethnique jouit d'une supériorité économique, la transition démocratique se traduit par des règlements de compte sanglants. Ainsi, la minorité chinoise des Philippines, avec 1% de la population, est dans une situation économique dominante : tous les millionnaires du pays sont Chinois. Situation voisine en Malaisie. Et on garde en mémoire les pogroms anti-chinois qui ont eu lieu en Indonésie à la fin du régime Suharto. D'où la question qui sera au menu du colloque organisé par le CERI demain et après-demain : « la fin du moment démocratique : un défi pour l'Europe ? » Au même moment, la revue Projet sort un numéro consacré en partie au thème : « exporter la démocratie », ce qui prouve que cette question est bel et bien à l'ordre du jour.

Intervenants
  • Grand reporter indépendante
  • Professeur à la Faculté de droit et de sciences politiques de Tunis.
  • Politologue, directeur de recherche à l'IEP de Paris
  • sinologue, politologue, directeur de recherche émérite au CNRS et chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (CERI/Sciences Po).
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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