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Et pourquoi pas des primaires à droite aussi ?

40 min
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Et pourquoi ce qui s'est passé à gauche - des primaires organisées en interne, face aux adhérents, mais prenant aussi l'opinion à témoin - ne pourrait-il pas avoir lieu à droite ? A l'UMP aussi, il y a, après tout, trois candidats déclarés, dont une femme, Michèle Alliot-Marie et un outsider ayant exercé la fonction de premier ministre : hier Fabius, aujourd'hui Villepin... Mais au-delà du caractère anecdotique de cette comparaison, on peut tenter des parallèles plus sérieux : Comme le PS, l'UMP a été métamorphosé en profondeur par l'afflux de nouveaux adhérents, « à tarif réduit », ayant pris leur carte sur internet ou sur les plages. 292 252 à ce jour. Ca s'appelle un saut qualitatif. Car ces vieux partis de cadres, pour reprendre la terminologie classique de Maurice Duverger, se sont mués en partie de masse. Ces partis comptaient presque autant de militants que d'élus, d'assistants d'élus ou de candidats à l'élection - car la France compte le plus grand nombre d'élus locaux par habitant de la planète. Ce n'est plus le cas. Ce changement de nature a transformé le mode de désignation de leur candidat à la fonction suprême. Car les nouveaux adhérents bousculent des clivages idéologiques inscrits dans le marbre - comme l'a démontré la désignation de Ségolène Royal, couronnée par eux pour avoir laissé entendre que son programme serait, comme on dit, « post-idéologique », affranchi des dogmes identitaires et pragmatique. De même que les nouveaux adhérents du PS sont venus bousculer les vieux militants socialistes pour venir « soutenir Ségolène », ceux de l'UMP ont adhéré « pour soutenir Sarkozy ». Du coup, la situation des autres candidats à l'investiture est plus délicate encore à l'UMP qu'au PS. En décembre, 2005, l'ensemble de la direction de l'UMP s'était accordée sur un mode de désignation du candidat à la présidentielle que certains regrettent aujourd'hui. C'est qu'ils avaient misé sur un essoufflement du président-candidat qui ne s'est pas concrétisé. Aujourd'hui, le débat autour des dates de dépôt des candidatures (entre le 23 novembre et 5 le décembre, propose la direction) en cache un autre. Le président-candidat est-il fidèle à la doctrine gaulliste ? Est-il en harmonie avec un corps électoral âgé, en quête de protection plus que de réformes radicales ? D'ailleurs le parti qui se réclame de l'héritage gaulliste peut-il accepter d'être devenu un parti comme les autres, respectant sa démocratie interne ? Son fondateur, de culture bonapartiste, n'avait-il pas un mépris affiché pour le système des partis - y compris de ceux qui se réclamaient de lui. Il estimait que l'élection présidentielle était une affaire quasi-mystique entre un personnage prédestiné et le peuple français. Certains, à l'UMP, ont-ils l'intention, la vocation, à lancer ce genre d'appel, en se présentant à la candidature en dehors de leur parti ? Des candidatures multiples à droite n'aboutiraient-elles pas fatalement à un second tour Royal-Le Pen ? Telles sont quelques unes des questions que nous nous proposons de soulever cet après-midi.

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