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Et si notre système fiscal préférait l'héritage au travail ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Si notre système fiscal privilégiait l'héritage au travail ? Tout le monde en a conscience : la perpétuation des patrimoines à travers les générations provoque la naissance d'une inégalité des chances fondamentale. Dans nos sociétés démocratiques qui prônent, qui plus est, une forme de méritocratie ( à chacun selon sa valeur et son effort), l'impôt qui touche les successions (héritage et donation) devrait être le parangon de l'impôt juste, celui sur lequel on pourrait mettre d'accord le plus grand nombre de citoyens. Curieusement, c'est une conviction plus largement partagée dans les sociétés marquées par le libéralisme économique que chez nous. Ainsi, aux Etats-Unis, en 2001, plusieurs dizaines de milliardaires s'étaient élevés contre le projet de G.W. Bush visant à supprimer les droits de succession. Pour eux, comme pour beaucoup d'Américains, la seule fortune qui compte est celle que l'on a amassée par son talent et son travail. Il est, à la lumière de ce rappel, extrêmement curieux de constater que le Président de la République a promis pendant sa campagne, la suppression des droits de succession. Pour un Américain, c'est plutôt à l'impôt sur la fortune qui faudrait s'attaquer car lui pèse sur les gains accumulés par le travail. Le petit ouvrage de Philippe Bruneau qui vient de paraître chez Denoël Le travail ne paie pas a le mérite de remettre ces deux piliers de notre système fiscal en perspective. La manière dont un Etat prélève et redistribue une partie des richesses d'un pays en dit beaucoup plus sur sa conception de l'équité que la plupart des discours politiques, écrit-il. Or, la fiscalité qui pèse sur les particuliers en France marche sur la tête. L'impôt sur le revenu est assis que une assiette étroite, essentiellement concentré sur les revenus du travail. A revenu égal, un épargnant reste nettement moins fiscalisé qu'un salarié. De même, un euro hérité est deux fois à trois fois moins imposé qu'un euro gagné par le travail. Les réflexions de Philippe Bruneau aboutissent à une synthèse originale et peu audible en France que je résumerais ainsi : travailleurs, unissez-vous, demandez une taxation égale sur le travail et sur le capital et, pendant que vous y êtes, la suppression de l'impôt sur la fortune, l'impôt inique et contre-productif par excellence. Le tout a le mérite de la cohérence fiscale, mais le défaut sans doute d'oublier un peu le symbolique, et le symbolique, c'est une bonne partie de la politique.

Intervenants
  • Economiste à l’OFCE, centre de recherche en économie de Sciences-Po, spécialiste des questions de protection sociale et de fiscalité.
  • Président et co-fondateur de la société de conseil Vae Solis Communications
  • économiste, maître de conférences à Paris I-Panthéon-Sorbonne, ancien député européen et fondateur de la Nouvelle Gauche Socialiste
L'équipe
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