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Faut-il avoir peur des délocalisations ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Souvenez-vous d'Alcatel. C'était un joyaux national, une entreprise de pointe, suffisamment moderne pour attirer l'attention de l'équipementier américain Lucent. Il y a eu la fusion, presque immédiatement suivie d'une annonce de licenciements en masse : 12 500 dans le monde, dont 1 468, pour la France. Alcatel est un cas d'école pour illustrer les thèses défendues par Jean Arthuis dans son livre, « Mondialisation, la France à contre-emploi ». Il y dénonce, exemples concrets à l'appui, comment les emplois se sont mis à déserter le territoire national. On se souvient des deux Rapports Arthuis sur les délocalisations, présentés par l'ancien ministre de l'économie et des finances au nom du Sénat. 1993 et 2005. Il y prédisait la délocalisation d'environ 200 000 postes de travail, rien que dans les services. Il le faisait en élargissant la notion de délocalisation aux nombreux cas de « non-localisations » en France d'activités qui sont présentées comme destinées à un marché émergent, alors qu'elles sont également destinées, par une entreprise française au consommateur de l'Hexagone. On pense à la Logan, présentée par Renaut comme destinée aux marchés de l'Europe centrale, et donc fabriquée en Roumanie - et qui nous en revient à des tarifs défiant toute concurrence. Mais dans son livre», Jean Arthuis montre les causes structurelles de notre désertification industrielle : les entreprises du CAC 40 sont en train de passer entre les mains de fonds d'investissement étrangers, qui n'ont en vue que la rentabilité à court terme. Mais il ne suffit pas de déplorer la difficulté des temps et la méchanceté des fonds de pension américains. Il faut encore se demander comment, par nos propres fautes, nous en sommes arrivés là. Ce que fait l'ancien ministre, membre de l'UDF, qui dénonce : l'absence d'un capitalisme populaire et stabilisateur dans notre pays, une réglementation du travail qui fait fuir les créateurs d'activités, un Etat qui n'a pas su agir en stratège, une Europe vulnérable à une concurrence mondiale biaisée, et au sein même de laquelle certains Etats livrent une guéguerre à la baisse des taux d'imposition, dont la France ne peut pas sortir gagnante. Mais nous allons un à un les éléments de ce diagnostique.

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