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Faut-il rediaboliser le Front National ?

38 min
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Sylvain Crépon, Caroline Monnot, Ivan Rioufol
Sylvain Crépon, Caroline Monnot, Ivan Rioufol Crédits : Radio France
Sylvain Crépon, Caroline Monnot, Ivan Rioufol ©Radio France Ce n’est sans doute pas un très gros poisson, mais un poisson tout de même, mais un poisson de plus, dans l’épuisette de Marine Le Pen. Bertrand Dutheil de la Rochère, ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevénement, membre du Mouvement républicain et citoyen, va désormais frayer dans les eaux, plus ou moins troubles, du Front national. Une nouvelle prise pour le FN, qui poursuit ainsi sa stratégie de dédiabolisation, en se montrant capable d’intégrer dans ses rangs des personnalités jusque là repérées sur son flanc gauche. Stratégie payante ? Trop tôt pour le dire. Aux sénatoriales, le Front national n’a réussi à faire élire aucun de ses candidats. Mais les scores réalisés traduisent une progression par rapport aux précédents scrutins dans les mêmes circonscriptions. 101 voix par ex de grands électeurs dans le Pas de Calais contre 21 en 2001. 53 voix dans la Marne contre 9, toujours en 2001. Après des résultats plus qu’honorables aux dernières cantonales, c’est en tout cas le signe que le FN, que Nicolas Sarkozy avait promis de neutraliser en 2007, est encore présent dans le jeu politique. Mais peut-être plus sur les mêmes terrains. Pour son 1er meeting de la campagne présidentielle il y a tout juste 10 jours, Marine Le Pen rivalisait d’audace avec le Front de gauche en promettant de séparer les banques d’affaires et les banques de dépôt, en préconisant de nationaliser ces dernières, et en reprochant aux premières de « *jouer à la roulette russe avec notre argent* » Discours social, doublé d’une défense acharnée de la laïcité, nouveau cache-sexe pour dénoncer l’immigration sans en parler vraiment. Et avec l’objectif d’être présente au 2d tour en 2012 : non pas pour partager le pouvoir avec la droite républicaine, mais pour la faire imploser, et être en mesure de gouverner plus tard. Car c’est là une autre des mutations de ce parti longtemps ostracisé : sa volonté d’assumer le pouvoir. Ce qui nécessite de gagner en respectabilité. D’être dédiabolisé. Le nouveau FN s’y emploie. Mais sous l’épais vernis proposé par ses jeunes dirigeants, les idées du Front ont-elles vraiment changé ? Cette année, une ministre, Nathalie Kosciusko Morizet, et une patronne du Medef, Laurence Parisot, ont chacune écrit un livre pour dénoncer les dangers d’un parti peut-être davantage fréquentable, mais aux idées toujours aussi détestables. Dès lors se pose la question de la nécessité – ou non – d’une rediabolisation du Front national... Suivez-nous sur : [
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](http://www.facebook.com/pages/Du-Grain-à-moudre/245769492112578 "Du Grain à moudre sur Facebook")
Intervenants
  • éditorialiste pour Le Figaro
  • Maître de conférences en science politique à l'université de Tours, rattaché au Laboratoire d'étude et de recherche sur l'action publique (LERAP)
  • journaliste au Monde
L'équipe
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