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Faut -il régulariser les travailleurs sans papiers ?

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Ils ont utilisé l'arme ultime, la grève, pour la première fois. Certains des sans-papiers qui se sont lancés dans le mouvement le 15 avril dernier ont déjà été régularisés ; les autres dossiers parrainés par la GCT et l'association Droits devant ! devraient connaître une issue favorable. Un mode d'action nouveau -peut-être copié sur les « journées sans immigrés » aux Etats-Unis, qui combinent grèves et boycotts - et un mode d'action en tout cas payant pour les centaines de travailleurs qui l'ont adopté, un peu moins d'un millier. Mais ne nous y trompons pas, ces quelques régularisations au cas par cas ne vont pas régler le problème. Au contraire, la dynamique de la grève a ouvert de grands espoirs, des centaines d'autres travailleurs sont sortis de l'ombre, et sont prêts à leur tour à cesser le travail. Le patronat de la restauration, sensible aux répercussions que ces mobilisations pourraient avoir sur le secteur, a déjà demandé au gouvernement une régularisation massive. « Il faudrait, explique Didier Chenet, président du Synhorcat (Syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers et traiteurs), que tous ceux qui, avant juillet 2007, ont été embauchés en toute transparence, pour lesquels les chefs d'entreprises payent les charges sociales, pour lesquels ces mêmes salariés cotisent, voire même payent des impôts, puissent être régularisés". Il s'agirait de plusieurs dizaine de milliers de personnes. André Daguin, président de l'autre syndicat de l'hôtellerie, l'UIMH, a évoqué une régularisation de 50.000 à 100.000 travailleurs, juste pour répondre aux besoins. Faut-il évoquer le rapport Attali pour se souvenir qu'une partie du patronat a besoin d'immigration et de circulation ? Même si, comme le rappelle le philosophe Etienne Balibar dans une tribune libre, il sait aussi « profiter au maximum des possibilités de surexploitation ouvertes par la répression, répression qui crée l'insécurité permanente chez les travailleurs acculés à l'illégalité ». En effet, le travail illégal ne cesse de progresser dans tous les pays de l'OCDE : il pourrait représenter en France jusqu'à 4% du PIB : régulariser les sans papiers ne serait-il pas là aussi une solution judicieuse pour y mettre fin ? Pour l'instant, cette idée n'a pas trouvé preneur au gouvernement, où l'on craint qu'une régularisation de cette ampleur provoque un effet d'appel d'air.

Intervenants
  • Secrétaire confédérale de la CGT Chargée des droits des salariés
  • député Les Républicains (LR) des Bouches-du-Rhône (12e circonscription), membre de la commission des lois
  • Démographe, ancienne directrice de recherches à l'INED, spécialiste des questions d'immigration
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
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