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Faut-il remettre en cause la carte scolaire ?

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Lorsque la carte scolaire a été créée, dans les années 1960, elle visait d'abord à faire face à l'accroissement du nombre des élèves, lié aux politiques d'allongement des scolarités, et, mais dans un deuxième temps seulement, à assurer un maximum d'hétérogénéité sociale au sein des établissements. La promotion de la mixité sociale et de l'intégration était devenue, les années passant, le principal motif de maintien du système. Mais l'ampleur du contournement de ces contraintes devenant trop grande pour que l'on puisse rester dans l'hypocrisie, experts du monde scolaire et politiques de droite et de gauche se sont retrouvés ces derniers mois pour dénoncer un outil inefficace : la carte scolaire ne peut pas, à elle seule, lutter contre la forte ségrégation résidentielle. Inefficace donc, mais aussi injuste dans les faits : seuls les parents « initiés », au fort capital économique ou intellectuel, connaissant les ficelles pour écarter leur enfant du collège de quartier et l'inscrire en centre-ville. Jusqu'à présent, les politiques scolaires s'étaient concentrées sur le traitement de cette ségrégation, par des mesures discriminatoires comme les ZEP. La suppression de la carte scolaire ouvrirait une nouvelle ère où, lassé de chercher des remèdes toujours décevants, on prendrait acte de la situation pour ne la corriger qu'à la marge en se contentant de permettre aux bons élèves des établissements populaires de poursuivre leur scolarité dans les lycées les plus cotés. Car ce n'est pas les élèves qui choisiront le lieu de la scolarité mais bien à terme les établissements qui feront leur choix. Les parents auront bien le temps de s'en rendre compte, pour l'instant Xavier Darcos promet une hausse du nombre d'élèves qui bénéficieront d'une dérogation à la rentrée 2007, une hausse de 10 à 20%. Et pour terminer cette introduction au débat du jour, une petite note comique. Qui nous montre qu'il ne faut pas trop se moquer de ceux qui voudraient gouverner aux sondages car il y a du courage, tant la voie est périlleuse. Dans Ouest France , vous êtes 54% à vous déclarer favorable au maintien de la carte scolaire d'après un sondage IFOP auprès d'un échantillon représentatif de 1 009 personnes ( 27 mai) mais quelques jours plus tard, d'après le sondage Le Parisien- CSA réalisé sur un échantillon représentatif de 952 personnes par la méthode des quotas, vous êtes 72% à juger que la suppression de la carte scolaire est plutôt une bonne chose. Lorsque la carte scolaire a été créée, dans les années 1960, elle visait d'abord à faire face à l'accroissement du nombre des élèves, lié aux politiques d'allongement des scolarités, et, mais dans un deuxième temps seulement, à assurer un maximum d'hétérogénéité sociale au sein des établissements. La promotion de la mixité sociale et de l'intégration était devenue, les années passant, le principal motif de maintien du système. Mais l'ampleur du contournement de ces contraintes devenant trop grande pour que l'on puisse rester dans l'hypocrisie, experts du monde scolaire et politiques de droite et de gauche se sont retrouvés ces derniers mois pour dénoncer un outil inefficace : la carte scolaire ne peut pas, à elle seule, lutter contre la forte ségrégation résidentielle. Inefficace donc, mais aussi injuste dans les faits : seuls les parents « initiés », au fort capital économique ou intellectuel, connaissant les ficelles pour écarter leur enfant du collège de quartier et l'inscrire en centre-ville. Jusqu'à présent, les politiques scolaires s'étaient concentrées sur le traitement de cette ségrégation, par des mesures discriminatoires comme les ZEP. La suppression de la carte scolaire ouvrirait une nouvelle ère où, lassé de chercher des remèdes toujours décevants, on prendrait acte de la situation pour ne la corriger qu'à la marge en se contentant de permettre aux bons élèves des établissements populaires de poursuivre leur scolarité dans les lycées les plus cotés. Car ce n'est pas les élèves qui choisiront le lieu de la scolarité mais bien à terme les établissements qui feront leur choix. Les parents auront bien le temps de s'en rendre compte, pour l'instant Xavier Darcos promet une hausse du nombre d'élèves qui bénéficieront d'une dérogation à la rentrée 2007, une hausse de 10 à 20%. Et pour terminer cette introduction au débat du jour, une petite note comique. Qui nous montre qu'il ne faut pas trop se moquer de ceux qui voudraient gouverner aux sondages car il y a du courage, tant la voie est périlleuse. Dans Ouest France , vous êtes 54% à vous déclarer favorable au maintien de la carte scolaire d'après un sondage IFOP auprès d'un échantillon représentatif de 1 009 personnes ( 27 mai) mais quelques jours plus tard, d'après le sondage Le Parisien- CSA réalisé sur un échantillon représentatif de 952 personnes par la méthode des quotas, vous êtes 72% à juger que la suppression de la carte scolaire est plutôt une bonne chose.

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