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Faut -il se retirer d'Aghanistan?

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C'est une présence finalement assez discrète et dont ou parle peu en France. Mais une présence réelle, militaire, et qui dure depuis 2001 - car Paris a tenu, au lendemain de l'intervention américaine en Afghanistan à rejoindre les Occidentaux sur le terrain. L'objectif était alors de rendre à la population sa sécurité - de faire fonctionner à nouveau les services publics. Plus largement de doter l'Afghanistan d'une nouvelle monnaie, d'une Constitution aussi et de permettre au peuple de voter librement, ce qui sera fait (même si les conditions n'ont pas été parfaite) en 2004 et 2005. L'idée était aussi de transférer - dans un délai raisonnable - les rènes du pouvoir à l'Etat Afghan lui-même. De former donc une armée et une police locale efficace. En 2003 la Force Internationale de l'OTAN, l'Isaf a donc pris sur place le relais des américains - 37 pays y contribuent - pour un total d'environ 10 000 hommes. La part française y est réelle puisque nous avons plus d'un milliers de soldats déployés sur le sol afghan - mais essentiellement autour de Kaboul et de la capitale. Plus d'une cinquantaine de « conseillers » français sont également intégrés à l'armée afghane et doivent l'encadrer. Et puis il y a les avions bombardiers - que Paris a accepté cet automne de voir stationner près de Kandahar. Jusqu'à présent les 6 Mirages se trouvaient au Tadjikistan, d'où ils devaient effectuer plus de 2 heures de vol avant de pouvoir apporter leur renfort aux troupes américaines. Aujourd'hui ils décollent du sol afghan - et ce geste a été interprété comme un soutien accru de Paris à Washington. Mais Français, Italiens, Espagnols, Allemands n'en restent pas moins assez éloigné des zones de combat les plus dangereuses. Et au sein de l'OTAN, la pression est grande - de la part des Canadiens, des Britanniques ou des Néerlandais qui payent un lourd tribu à la guerre en sécurisant le Sud du pays. Car les Talibans y ont repris d'importantes position - et mènent une guerrilla meurtrière. Près de 6 ans après l'invasion américaine, alors que le pays est sous perfusion d'une force internationale qui - malgré ses efforts - ne parvient pas à ramener la paix quel doit être le rôle de l'OTAN et singulièrement de la France dans cet Afghanistan qu'elle a longtemps considérée comme un pays ami ? Quand Nicolas Sarkozy pendant la campagne avouait que la « présence française n'avait pas vocation à être éternelle » fallait-il entendre que nous nous acheminons vers un désengagement ? Depuis les premières décisions élyséennes ont contredit ces paroles - mais elles ne doivent pas nous empêcher de poser la question de notre présence sur place. Plus de 1000 hommes pour quel résultats ?

Intervenants
  • Directeur du centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales (Ifri) et professeur à l'Institut d'études politiques de Paris.
  • Professeur de science politique à l'Université Paris I et membre sénior de l'Institut universitaire de France
  • ambassadeur de France en Syrie
  • mathématicien et philosophe, chercheur au CNRS, enseignant en philosophie à l’Université Paris 1
L'équipe
Production
Production déléguée
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