LE DIRECT

François Hollande osera-t-il le grand soir fiscal ?

39 min
À retrouver dans l'émission

.

Aussitôt élus, presque aussitôt installés. Les 577 députés élus mi-juin, parmi lesquels beaucoup de nouvelles têtes, ont entamé cet après-midi la XIVe législature. Moment solennel, qu’il va falloir vite oublier pour entrer dans le vif du sujet : dès mardi prochain, avec le début de la session extraordinaire, prévue pour durer jusqu’au jeudi 2 août.

Bernard Monassier et Thomas Piketty
Bernard Monassier et Thomas Piketty Crédits : Mélodie Lucchesi - Radio France

Au menu de cette session, un « plat de résistance » pour reprendre les termes d’Alain Vidalies, le ministre chargé des relations avec le Parlement : la loi de finances rectificative. Il s’agira de trouver les moyens de faire respecter, par la France, ses engagements en matière de déficit public : à savoir 4,5% en 2012, au lieu de 5,2% fin 2011. Pour y parvenir, le gouvernement va devoir trouver entre 7 et 10 milliards d’euros. Comment ? Essentiellement en augmentant les impôts. Les 1ères mesures sont déjà connues : relèvement de l’ISF, hausse de la fiscalité sur les successions, refiscalisation des heures supplémentaires ou encore taxe de 3% sur les dividendes reversés aux actionnaires. Au ministère de l’économie et des finances, on fait valoir qu’il s’agit là « de poser la 1ère pierre du rééquilibrage fiscal » défendu par François Hollande dans son projet présidentiel. Un projet ambitieux, dans lequel le candidat affirmait vouloir « engager une grande réforme fiscale », notamment en fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG, piste ardemment défendue par l’un de nos invités.

Sauf que celui qui est devenu président depuis semble désormais moins pressé de tout chambouler.

Alors « François Hollande osera-t-il le grand soir fiscal ? ». C’est notre sujet du jour.

Et le contrepoint de Céline Leclère

Karl Kautsky (1854-1938) et la révolution par l'impôt.

Karl Kautsky est le secrétaire d'Engels pendant cinq ans et l'éditeur du livre 4 du Capital . Oublié aujourd'hui, il est pourtant le plus grand intellectuel marxiste de sa génération et jusqu'en 1914, son influence politique est immense et sa notoriété dépasse celle de Jean Jaurès. En 1891, le Parti social-démocrate allemand adopte un programme nettement marxiste, conformément à l'objectif poursuivi par Engels et les marxistes allemands. Karl Kautsky est l'un des rédacteurs du programme de ce Congrès, dans lequel il met l'accent sur le rôle de l'Etat et sur le rôle important que doit jouer l'impôt dans la transformation de la société.Jean Numa-Ducange est maître de conférences en histoire à l'université de Rouen. Spécialisé dans l'histoire des socialismes et des débats autour de la Révolution française, il a notamment édité des textes de Karl Marx et Paul Lafargue. Avec Michel Vovelle, il a rédigé la préface de l’ouvrage de Jean Jaurès et Karl Kautsky, Le socialisme et la révolution française  (Démopolis, 2010).

Écouter
2 min
Jean-Numa Ducange
Intervenants
  • économiste, directeur d'études à l'EHESS, professeur à l'Ecole d'économie de Paris / Paris School of Economics
  • notaire, fondateur du Groupe Monassier, vice-président du Cercle des fiscalistes
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......