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A gauche : quelle recomposition ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Rarement la gauche de ce pays aura été en aussi mauvaise posture depuis 1981. Le parti communiste, avec moins de 2 %, est en train de disparaître. Les Verts, censés relayer le PC, sont dans les choux. Le parti socialiste reste seul en piste, mais il s'est trompé de stratégie. Confiant en la loi de l'essuie-glace aux termes de laquelle toute majorité en place a été invariablement battue à chaque scrutin national depuis 1974, il « attendait l'alternance, comme l'herbe attend la pluie » - selon le mot de Jean Viard. Or, il vient de perdre sa 3° présidentielle d'affilée dans un affrontement qu'on disait pourtant très favorable à sa candidate. Le candidat de la droite était dépeint par certains, à l'intérieur même de son propre camp, comme un homme dangereux, autoritaire et colérique, gagné aux idées lepénistes... Il y avait donc, comme on dit, « un boulevard » devant les pas de la première femme-candidate sérieuse à l'élection présidentielle. D'autant que Ségolène Royal avait pris, avec le programme de son parti, toutes les libertés possibles, afin de coller au mieux aux préoccupations exprimées par les sondages. Et pourtant, il y eut cet échec... Depuis, tout ce qui pense, à gauche, y va de sa tribune pour constater « l'effondrement politique, la désintégration idéologique et l'affaissement moral » (Coquerel, Debons et Picquet pour la gauche radicale dans Le Monde d'aujourd'hui), le « délitement » « idéologique, électoral, politique et programmatique », selon le jospinien Louis Gautier, toujours dans Le Monde, mais daté de mercredi dernier. Les mêmes qui, comme Laurent Joffrin pour Libération et Jacques Julliard pour Le Nouvel Obs, en appellent, depuis 20 ans, à un « aggiornamento programmatique » du socialisme sur le modèle du « Bad Godesberg » allemand, supplient qu'on les entende enfin. D'autres, comme Zaki Laïdi, estiment que ce modèle est déjà daté et qu'il convient de s'inspirer plutôt du New Labour britannique. Suprême paradoxe, c'est la droite qui, en s'emparant du thème des réformes, en pariant sur la rupture et le volontarisme économique, en pratiquant l'ouverture politique, s'est muée en parti du mouvement. Et du coup, la gauche se retrouve dans la situation inconfortable d'incarner le « parti de la résistance ». Autrefois, relève Zaki Laïdi, c'était la droite qui tentait de ralentir le cours inexorable de l'histoire - parce qu'elle pressentait que les catégories sociales qu'elle représentait - en serait victime. Aujourd'hui, c'est la gauche qui se contente de promettre de « freiner » les évolutions en cours - parce qu'elle s'identifie avec la politique des Trente Glorieuses et avec les catégories sociales relativement protégées par cet ancien modèle. On ne provoque pas l'enthousiasme en se contentant de supplier : « Encore une minute, monsieur le Bourreau mondialisateur ! »

Intervenants
  • Historien, membre du conseil d'administration de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et ancien président du conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
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