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Greffe : lutter contre la pénurie pour prévenir les dérives ?

40 min
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Hier, à Strasbourg, le dernier forum citoyen des Etats généraux de la bioéthique s'attaquait à un dossier qui de prime abord suscite moins de controverses que les grandes questions liées aux nouvelles manières de concevoir et d'engendrer. La greffe, c'est une technique chirurgicale presque antédiluvienne, au miroir des progrès de biologie de la conception et de ses horizons. Tout de même ces Etats-Généraux sont l'occasion de pointer quelques aspérités. Pourquoi, alors que la France autorise la greffe entre vivants, très efficace pour les reins, par exemple, les équipes médicales sont-elles si réticentes à la proposer ? Est-ce la crainte de pressions familiales ? A moins que ce ne soit la peur des complications ? Mais est-ce un argument suffisant pour écarter ce type de greffe dont on ne dira pas assez qu'elle remplit tous les critères éthiques ; avouons qu'on obtiendra à grand frais un consentement aussi éclairé de la part d'un cadavre que d'un vivant. Le consentement, c'est bien l'autre question que posent ces greffes d'organes : quelle est la valeur de celui que l'on présume chez la personne décédée ? De manière symptomatique, les proches font souvent obstacle au prélèvement. Faut-il évoluer vers un consentement plus explicite avec des cartes et des registres ? ou considérer qu'il ca de soi que notre corps tombe dans l'espace public dès lors que nous l'avons quitté ? Faute de répondre à ces questions, la liste des personnes en attente de greffe pourrait s'allonger et favoriser des dérives, à commencer par la marchandisation des organes humains.

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