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Inflation ou déflation : quelle est la plus redoutable ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Et s'il fallait en passer par une dose - oh modérée - d'inflation. Toute la panoplie des politiques contra-cycliques semble avoir été essayée - jusqu'ici en vain. Les Etats ont recapitalisé leurs banques, suivant l'exemple britannique. Les banques centrales ont inondé le marché financier de liquidités. Les taux d'intérêt dégringolent : on en est déjà à 2,5 % dans la zone euro, 2 % au Royaume-Uni, 1,75 % en Suède, 1% Aux Etats-Unis et en Suisse. Les Etats rivalisent de plans de relance de plus en plus spectaculaires. 700 milliards de dollars destinés au seul secteur financier, aux Etats-Unis, suivis d'un premier plan de soutien à l'économie de 800 milliards - et on en attend autant de Barack Obama. En Grande-Bretagne, les néo-travaillistes tellement soucieux d'équilibre budgétaire, se lancent soudain dans le déficit : 8 % dés cette année ! Angela Merkel, suivie des Hollandais et des Polonais réagit avec scepticisme. Jean-Claude Juncker résume assez bien leur pensée, quand il dit : « dans les années 80 aussi, on a multiplié les plans de relance qui ont creusé les déficits et la dette. Ont-ils permis de relancer les économies ? Non, ils ont surtout accru le chômage. On ne va pas répéter les erreurs du passé. » Cette inquiétude est relayée en France par la revue Sociétal. « Chacune des crises des trois dernières décennies, écrit son directeur Jean-Marc Daniel, a été soldée par une combinaison de redressement financier et par une injection supplémentaire de crédits par la Banque centrale américaine, repoussant dans le temps l'ajustement final. » Et, examinant le plan américain de redressement en cours, Jean-Marc Daniel pose une question jusqu'ici peu entendue : « L'économie mondiale doit-elle craindre l'inflation ou la déflation ? » Réponse : la déflation, répond clairement dans la presse économique d'hier l'ancien économiste en chef du FMI Kenneth Rogoff. Et Rogoff de constater que, devant l'impuissance des solutions jusqu'ici mises en oeuvre, une « inflation modérée » - qu'il estime à 6 % pendant deux ans - est désormais la seule riposte disponible. Elle réduirait la valeur de l'immobilier - qui a besoin d'une bonne purge. Elle permettrait aux Etats de rembourser des dettes, devenues astronomiques, avec de la monnaie dévaluée. Alors : inflation, déflation, prix qui montent ou prix qui baissent - quel est le moindre mal pour nos économies au bord de la panne ?

Intervenants
  • économiste, directeur du cabinet d’analyses Asteres, directeur d’études au sein du MBA Law & Management de l’université Panthéon-Assas (Paris II)
  • Éditorialiste à "Alternatives économiques" et conseiller au Conseil économique, social et environnemental (CESE)
  • Directeur de recherches à la Brookings Institution à Washington et conseiller spécial à l'IFRi
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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