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Joggeur, bling bling....mais populaire!

40 min
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Pour la première fois depuis son élection, il y a 8 mois, la cote de popularité du président de la République est négative. 48 % des personnes interrogées émettent une mauvaise opinion, contre 45 % qui conservent un avis positif, selon le sondage BVA publié mardi dernier. La chute est impressionnante : 10 points de perdus au cours des deux derniers mois. S'agit-il d'une tendance ou d'un simple d'un trou d'air ? En tous cas, cette soudaine érosion pose à nouveau la question de la compatibilité entre le style si particulier de Nicolas Sarkozy avec les mentalités et les attentes de la majorité des Français. En effet, depuis une certaine Une de Libération, celle du 19 décembre dernier, un qualificatif colle à la peau de Nicolas Sarkozy : « le président bling-bling ». Rappelons aux non-initiés que l'onomatopée vient du hip-hop, où elle désigne l'un des courants de ce style, dans lequel le rappeur exhibe d'énormes chaînes dorées, porte à son poignet l'inévitable Rolex, et sort souvent dans les rues surchauffées de Los Angeles dans un manteau de fourrure blanche. Le rappeur bling-bling est, en outre, environné, à la scène comme à la ville, d'une flopée de bimbos siliconées. Bref, le sommet de la vulgarité. Si Nicolas Sarkozy est « bling-bling », c'est donc qu'il participe, toutes proportions gardées, à un certain style de vie, à une manière de se déplacer et de se mettre en scène, qui nous viennent de la culture populaire contemporaine, celle que véhiculent les télévisions. Et c'est bien ce qui choque, comme l'écrit Laurent Greilsamer dans Le Monde, qui défend « le président bling-bling », « sans complexe et sans tabou » contre le « mépris » dont l'accablent ses confrères de Libération. Avec Nicolas Sarkozy, écrivait, en effet, Laurent Joffrin dans le Libé cité, « nous sommes passés de la V° République à la M6 République ». Comment nier, en effet, que ce président hors norme semble en phase avec la culture télévisuelle de notre époque, celle de la télé-réalité et des talk-shows où anonymes et vedettes viennent confier en direct les aléas de leur vie privée ? D'où la question qui s'impose : Nicolas Sarkozy est-il le produit de cette culture télévisuelle, ou bien a-t-il délibérément modelé sa communication sur la « nouvelle réalité » imposée par les chaînes de télévisions, les clips et la presse people ? La mise en spectacle d'une vie privée aussi compliquée que celle d'une star d'Hollywood, les déplacements permanents, la personnalisation du pouvoir, les grands restaurants et les grands hôtels, tout cela contribue-t-il à conforter son message politique ou bien à le perturber ?

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