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La BD historique

40 min
À retrouver dans l'émission

Retrouvez 18/20 l'émission depuis le Festival International de la BD d'Angoulême en différé depuis le Kioske à Musique (Espace Editeur Place New York). ENREGISTREMENT DU GRAIN A MOUDRE DE 15H00 A 15H45. S'il y a un genre passionnant, en ce moment, en bande dessinée, c'est bien la bédé historique. Je ne veux pas parler de ces albums un peu trop didactiques et souvent de commande, tentant de retranscrire une page d'histoire. Non, pas de « belles histoires de l'Oncle Paul », tel que Spirou en publiait dés les années 1950. Les oeuvres que nous vous proposons de feuilleter ce soir en notre compagnie sont bien plus ambitieuses, dans la mesure où elles visent à ressusciter, à travers une enquête, l'esprit d'une époque, en usant des procédés de la fiction, et non à illustrer une tranche d'histoire déjà connue. La bande dessinée a déjà son actif un certain nombre de réussites dans ce domaine qu'il convient de saluer : la hantise que la Première Guerre Mondiale exerce sur Tardi est déjà ancienne. Lorsqu'il dessine, en 1979, un appendice à « Adieu Brindavoine », paru 5 ans plus tôt, c'est pour précipiter son héros, une espèce dandy fin-de-siècle, dans l'horreur des tranchées. Et Tardi, qui a illustré le « Voyage au bout de la nuit », vient de sortir « Putain de guerre », qui est un album pacifiste extraordinaire. Mais la guerre de 14 a fasciné d'autres auteurs, récemment. Signalons l'extraordinaire album de De Metter et Catel, « Le sang des Valentines » qui illustre toute l'amertume des poilus revenus en vie du bain de sang. Et surtout l'extraordinaire travail de Jean-Pierre Gibrat qui, après avoir rencontré un énorme succès avec ses séries consacrées à l'Occupation, « Le sursis » (1999) et « Le vol du corbeau » (2002 et 2005) chez Aire Libre, dessine en ce moment un nouveau personnage, « Mattéo », stupidement engagé dans la Guerre de 14 (Futuropolis). Mais venons-en aux trois splendides séries que nous avons le plaisir de vous inviter à feuilleter ce soir en notre compagnie. David Vandermeulen, avec les deux tomes consacrés au destin de Fritz Haber, Prix Nobel de chimie et inventeur... du gaz de combat, nous parle de l'impossible assimilation des Juifs allemands dans un style d'un raffinement et d'une mélancolie vraiment extraordinaires - cette série vient de recevoir le Prix de la bédé historique. Mais sa méditation porte, plus généralement, sur la naissance de la modernité et de l'industrialisation, en Allemagne. Fabien Nury, en retraçant l'histoire de Joseph Joanovici, escroc génial, surfant sur les vagues en pleine Occupation, réfléchit, mine de rien, sur l'identité et la société françaises. Enfin, David B, dans la série « Par les chemins noirs » nous entraîne dans Fiume en délire, tombée sous la férule du poète d'Annunzio, dans un style qui part des écoles qui dominaient alors la scène artistique : futurisme, dadaïsme, expressionnisme. Trois chefs d'oeuvre. Nous avons eu la main heureuse....

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