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La crise des années 30 est-elle devant nous ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Tout le monde a aimé les années 20. On était si soulagés d'avoir échappé à la grande boucherie patriotique qu'on voulait à vivre à cent à l'heure, comme les futuristes. A mettre à bas, comme les surréalistes, toutes les conventions sociales qui bridaient le libre déploiement de l'imagination. Les héros de Paul Morand prenaient l'avion tôt le matin pour rapporter du caviar de Roumanie, pour le dîner, à un petit groupe d'amis snob. Ceux de Scott Fitzgerald spéculaient afin de devenir riches et célèbres, et d'épouser l'une de ces héritières à jupe courte et chapeau-cloche qui les avaient fait rêver à l'Université... Les Etats-Unis, avec 6% de la population mondiale, produisaient plus de 50 % du PIB de la planète et en consommaient encore davantage grâce au crédit facile. Des fonds d'investissements promettaient des rendements mirobolants aux petits épargnants du Middle West - en échange de leurs économies, aussitôt placées dans l'industrie allemande, en pleine renaissance. Grâce à l'invention de l'ascenseur, Manhattan se couvrait de gratte-ciels... Hélas, on sait comment ont fini « les rugissantes années 20 » : crise de surproduction agricole, krach boursier américain, faillites bancaires en chaîne, ruine des épargnants, chômage de masse, fermeture des frontières, protectionnisme, montée des mouvements populistes, autoritaires ou totalitaires dans presque toute l'Europe. Et finalement, la pire des guerres qu'ait connues le monde. Comme dans les années 1920, notre monde actuel connaît un certain nombre de situations paradoxales : La masse monétaire en circulation à travers le monde progresse à une vitesse bien supérieure à la croissance mondiale et les Etats-Unis sont en quasi-plein emploi - pourtant l'inflation, qui devrait logiquement s'ensuivre, demeure étrangement absente. Les Américains - ménages et Etat fédéral confondus - sont endettés dans des proportions gigantesques, mais le dollar reste fiable ; Chinois et producteurs d'hydrocarbures de pétrole et de gaz continuent à éponger ces déficits prodigieux, puisqu'ils ne savent pas quoi faire d'autre de leurs gigantesques profits. Pour rester en Europe, autre paradoxe : la monnaie unique était censée rapprocher les politiques budgétaires et fiscales des Etats-membres. Mais il se passe exactement le contraire : la situation des pays en forte croissance, comme l'Espagne ou l'Irlande appellerait des politiques monétaires restrictives - pour éviter la surchauffe ; celle des pays en stagnation, comme l'Italie, ou à la croissance molle, comme la France, exigerait au contraire un relâchement des taux de la BCE.... A combien de mois, combien de semaines, sommes-nous de l'éclatement de la vraie crise boursière des années 2000 ? Quelles en seront les conséquences financières, économiques, politiques, morales ? Quelles leçons pouvons-nous tirer du précédent des années 30 ? Le climat intellectuel nouveau qui se cristallise lentement chez nous - cette peur de l'ouverture, cette nostalgie des valeurs familialistes des années 50 - ne témoigne-t-il pas d'un de ces retournements de tendance qui, parfois, précèdent l'évènement ?

Intervenants
  • professeur d’économie à l’école des Mines Paris-Tech et à l’université Paris-Dauphine, auteur de « Principes d’économie » ed. La découverte et de « L’homme inutile » ed. Odile Jacob.
  • Historien des idées
  • Journaliste économique
  • Economiste et historien, directeur de recherches au CNRS, professeur à l’Ecole d’économie de Paris et directeur d’études à l’EHESS
L'équipe
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Production déléguée
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