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La démocratie participative, renouveau ou populisme ?

40 min
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Depuis le début de la campagne c'est presque 5 000 «débats participatifs» qui ont été organisés par les sections du PS et les comités «Désirs d'avenir». 5000 débats dans lesquels l'équipe de Ségolène Royal était chargée de découvrir des « pépites », entendez des idées nouvelles et fortes susceptibles d'enrichir les propositions de la candidate. Il est probable qu'on ne saura jamais combien ont été en effet reprises dans le discours tenu hier à Villepinte, mais ce moment participatif aura bel et bien auguré d'une nouvelle façon de concevoir le rapport du politique à l'électeur, ou plutôt de l'électeur au politique. Impossible de dire qu'il ne s'est rien passé pendant ces trois mois de consultation qui ont connu un vrai succès d'affluence, à défaut -et c'est dommage- d'un succès médiatique. Le besoin d'être entendu, considéré, tout simplement reconnu comme dépositaire d'un savoir sur ses pratiques et ses activités quotidiennes, semble être largement partagé par nos concitoyens. Un besoin à mettre en parallèle avec la défiance qui ne cesse d'augmenter à l'encontre d'une classe politique jugée loin des vraies préoccupations des gens quand elle n'est pas accusée tout bonnement d'en avoir trahi les espérances. Le sociologue Pierre Rosanvallon dans son dernier ouvrage s'inquiète d'une dénaturation de l'usage de la critique dans notre démocratie : le jugement critique qui était l' expression d'une ambition et en cela nécessaire à la bonne vie démocratique se serait retourné en suspicion systématique. Nous serions passés du règne de la construction par la critique à celui de la démission nourrie de déception. Dans ce contexte, le populisme est un risque à prendre très au sérieux. C'est pourquoi il nous semble intéressant aujourd'hui de poser la question de ces nouveaux dispositifs participatifs et de leur rôle possible, peut-être salvateur, dans cette crise de la confiance. La première condition sera de bien différencier démocratie participative et démocratie d'opinion - ce qui n'est pas toujours évident chez la candidate socialiste - la deuxième, de choisir son vocabulaire et ne pas jouer avec des termes aussi équivoques que « jury populaire » qui fleurent bon la démagogie.

Intervenants
  • sociologue du travail, directeur de recherche au CNRS et président du conseil scientifique d’Actineo (Observatoire de la qualité de vie au bureau)
  • professeur de sciences politiques à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, spécialiste des questions de démocratie et de participation citoyenne, membre du comité de gouvernance de la convention citoyenne pour le climat.
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