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La désinformation existe-t-elle vraiment ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Sommes-nous la cible d'une entreprise délibérée de désinformation ? Qu'on le veuille ou non, les opinions publiques pèsent encore dans le règlement des questions internationales. C'est pourquoi l'information est parfois très sensible ; c'est pourquoi aussi la désinformation est une arme qui ne s'est pas totalement périmée. La preuve : elle s'enseigne encore dans les écoles de guerre. L'écrivain Vladimir Volkoff la définit ainsi dans sa Petite histoire de la désinformation : « La désinformation est une manipulation de l'opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés. » C'est bien l'emprunt de ces moyens détournés qui différencie la désinformation de la propagande - tellement plus lisible. On aura en tête quelques exemples appartenant au passé de désinformation « planifiée », comme l'Appel de Stockholm pour la Paix qui visait à présenter l'Union Soviétique comme un pays pacifique alors même qu'elle était en pleine militarisation, et qui cherchait à distraire les Européens de l'Ouest de tout esprit belliqueux. On aurait tendance à croire qu'aujourd'hui la plus grande partie de la désinformation s'exerce sous forme d'autocensure, de mise en exergue de sujets répondant d'abord à des exigences promotionnelles. Difficile de penser que nous puissions être à la merci d'une manipulation de grande échelle capable d'être qualifiée de désinformation. C'est pourtant à la démonstration du contraire que s'emploie l'essai de Guillaume Weill-Raynal, Les nouveaux désinformateurs, qui paraît chez Armand Colin. Ce sont aujourd'hui les néo-conservateurs américains, et non plus les soviétiques, qui seraient à l'origine d'une vaste opération de promotion dans l'espace public international, de la thèse de Huntington, celle du clash des civilisations. En effet, pour légitimer la guerre en Irak, le nouveau nationalisme américain aurait été prêt à tout, y compris à se servir d'une noble cause comme la lutte contre l'antisémitisme pour faire admettre une politique pourtant contestable. La théorie du complot judéo-américain qui a repris de la vigueur depuis le 11 septembre, c'est indéniable, aurait été monté en épingle à dessein par des lobbies mal intentionnés pour faire accroître qu'un violent clivage de valeurs partageait le monde, les bons d'un côté, les méchants de l'autre.

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