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La fin du journalisme ?

40 min
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Le nombrilisme est-il un journalisme ? interrogeait BHL dans son Bloc-Notes du 4 janvier. Le chroniqueur du Point y écrivait que « la vraie source de l'ignorance n'est pas rétention, la rareté, la censure de l'information », mais son déferlement. Il mettait en cause en cause « le flot ininterrompu des nouvelles », le « tsunami des chaînes et des écrans » et surtout le déferlement des blogs, qui noieraient l'intelligence du monde dans un brouhaha indiscriminé de commentaires à la première personne. Même son de cloche sous la plume du président d'Europe 1, dans Le Monde du 4 janvier. Jean-Pierre Elkabbach y écrit qu'avec l'apparition du Web 2.0, chacun devient son propre média, avec le double risque de se perdre dans 'l'hyperinformation' et de s'enfermer dans sa propre solitude ». Il concluait sous forme de plaidoyer pro domo que le vrai journalisme, celui qui se pratique sous sa direction éclairée dans sa station, consiste en un « traitement » de l'information qui en garantit « l'honnêteté », en la vérifiant et en la contextualisant. Partant des mêmes analyses, François Ewald, dans sa chronique du mensuel Enjeux Les Echos, en tire la conclusion logique inverse : internet signe peut-être la fin du journalisme. A une information payante, tombant du haut de tribunes officielles, triées et hiérarchisées en fonction de l'échelle des valeurs qui est celle du milieu journalistique, serait en train de succéder, une « culture participative », gratuite dans la mesure où elle constitue une construction aléatoire et collective, constamment reconstruite par ses lecteurs eux-mêmes. Bref, le modèle Wikipédia s'imposerait sur le net, à l'heure où les média classiques subissent une crise de légitimité sans précédents. Daniel Schneiderman leur répond dans Libération d'aujourd'hui. Ou plutôt, signe des temps, il se fait le relai sur papier de l'exaspération de nombreux blogueurs envers Elkabbach. La télévision est tellement convaincue que l'avenir de l'image se trouve désormais sur internet, que TF1 vient de créer une émission, WatCast, faite de vidéos amateurs remarquées sur la toile. On remarque d'ailleurs que YouTube vient d'être rachetée par Google. Alors, internet marque-t-il l'entrée dans une ère de production collective de l'information, qui permettrait une émancipation à l'égard du « parti des média » et de sa bien-pensance, comme le soutient, par exemple, Thierry Crouzet dans « le Cinquième Pouvoir » ? Alors, les blogs constitueraient par excellence le nouvel outil de cette démocratie participative qui se cherche. Ou bien, à l'inverse, internet nous noie-t-il sous un flot de commentaires qui se croient originaux du simple fait qu'ils sont mal écrits ? Sous un « tsunami » de pseudo-révélations et de dénonciations pires encore que l'infotainment à la Karl Zérö ? Notre métier, le journalisme, conserve-t-il quelque raison d'être et si oui laquelle ? Telles sont quelques unes des questions qui se posent.

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