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La formation professionnelle : un vaste gaspillage aux effets inégalitaires ?

40 min
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La formation permanente : beaucoup de gaspillage sans grands effets sur les inégalités ? Quand on a un problème, en France, et que les gouvernants n'ont pas le courage de remettre les choses à plat, ils commanditent des rapports pour tenter, au moins, d'alerter l'opinion publique. Avant de repasser courageusement la patate chaude à leurs successeurs. Rappelez-vous du financement des retraites... Signe des temps, la question de la formation permanente a fait l'objet de quatre rapports d'envergure en un an. En juillet de l'année dernière, paraissait celui des économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg, intitulé : « la formation professionnelle des adultes : un système à la dérive ». Cet été, la Cour des Comptes, le Centre d'analyse stratégique et le Sénat ont planché en même temps sur ce grand gâchis national. Et leurs conclusions sont convergentes. L'heure d'un diagnostique sans complaisance est venue. Celle de la remise à plat du système ne devrait pas être remise aux Calendes grecques. Car les faits sont têtus : la France dépense chaque année 24 milliards d'euros pour former ses apprentis, ses salariés et ses chômeurs. Pour donner un ordre de grandeur, cela représente trois fois la totalité de ce qui est versé au titre du RMI. Et pour quels résultats ? Nous avons 5 millions de travailleurs non qualifiés (d'après le Centre d'études de l'emploi), qui peinent évidemment à trouver des emplois raisonnablement payés. Nous souffrons d'une inadéquation entre emplois offerts et niveaux de formation. Ceux de nos concitoyens qui tombent dans le chômage n'ont pas le sentiment d'être suffisamment aidés à redevenir « employables » à travers les stages vers lesquels l'ANPE les oriente. Pourtant, la concurrence que la mondialisation entraîne, le progrès des techniques, la simple aspiration - naturelle - de chacun d'entre nous à améliorer son sort et acquérant de nouvelles compétences, tout concourt à faire de la Formation professionnelle une priorité nationale. Mais la vérité de notre système de formation professionnelle, c'est qu'il bénéficie essentiellement à ceux qui sont déjà dotés d'un bon capital initial de formation et qui jouissent de statuts protecteurs qui les rendent peu vulnérables au risque du chômage. Pour donner des chiffres : les ouvriers non qualifiés travaillant des PME sont moins de 5 % à accéder à la formation, tandis que ce pourcentage grimpe jusqu'à 60 % pour les cadres des grandes entreprises... Mais même chez les chômeurs, la FPC bénéficie bien davantage aux Bac 5 (32%) qu'à ceux qui ont quitté l'école sans aucun diplôme (5 %). « De fait, l'accès à la formation à la formation professionnelle continue en entreprise est très inégal : il dépend du niveau de diplôme et de qualification initial, si bien que le système profite davantage aux mieux formés selon une logique cumulative. » (Jean-Louis Dayan et Jenny Eksl du CAS) En outre, les rapports dénoncent avec une belle unanimité « l'opacité » d'un système de collecte des cotisations des entreprises par des organismes paritaires et c'est un tabou qui est en train de tomber.

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