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La jeunesse : nouveaux bigots, nouvelles censures ?

40 min
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Bien sûr qu'il faut protéger nos enfants contre le spectacle de la violence gratuite. Il n'est pas absurde d'avoir interdit le jeu Manhut 2, comme viennent de le faire l'Irlande, l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Italie. Ce jeu transgressif, dont le héros est un gangster, incite ses participants, seuls devant leurs écrans, à torturer et à éviscérer leurs ennemis. On ne saurait sans risque émousser le degré de sensibilité et d'empathie des enfants et adolescents, en les conviant à endosser des rôles de tortionnaires. Mais le mouvement de balancier auquel on assiste de par le vaste monde, du moment « transgressif » vers une espèce de « retour à l'ordre », de la mini-jupe à la burka, prend ici et là des aspects qu'on ne saurait qualifier autrement que de ridicules. Quelques exemples pris dans l'actualité récente : - En Russie, Harry Potter a échappé de peu à la censure. Une mère de famille ayant porté contre la série l'accusation d'inciter à la magie noire et à l'occultisme, le Parquet de Moscou s'est livré à une enquête minutieuse avant d'acquitter le pauvre Harry. Boulgakov a eu chaud. Un peu plus et la sorcière de son roman « le Maître et Marguerite », classique de la littérature russe du XX° siècle, subissait les ciseaux du censeur. - En Pologne, la médiatrice aux droits de l'enfant, Ewa Sowinska, est partie en guerre contre les Télétubbies au motif que ce malheureux Tinky Winky porte un sac à main, ce qui constitue, n'est-ce pas, une incitation évidente à l'homosexualité. On se demande où cette bonne dame a bien pu apercevoir des gays porteurs de sacs à mains... Enfin, il a fallu l'intervention de son collègue ministre de l'Instruction pour prévenir une interdiction. Lui-même n'est-il pas en train de faire interdire Gombrowicz de la liste des auteurs à étudier dans les lycées pour cause de mauvais esprit... ? - En Grande-Bretagne, où la political correctness se répand « comme la syphilis sur le bas-clergé », selon l'expression consacrée, on a vu une école chrétienne du Yorkshire censurer la mise en scène par les enfants des « Trois petits cochons » par crainte « d'offenser les sentiments des enfants musulmans ». L'imam local, Ibrahim Mogra, a eu beau faire savoir à ces apôtres de la « sensibilité multiculturelle » que sa religion n'interdisait pas aux enfants de chanter la gloire des cochons - mais d'en consommer la chair, rien n'y a fait. Le grand retour du religieux à travers le monde doit-il nécessairement coïncider avec la revanche des bigots et des censeurs ? Les croyants sont-ils nécessairement sexuellement frustrés et partant obsédés par le sexe ? Que s'est-il donc produit dans l'air du temps pour que nous soyons passé en 40 ans de la « Révolution sexuelle » à mode pudibonde de la jupe sur le pantalon ?

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