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La mixité à l'école est-elle menacée ?

40 min
À retrouver dans l'émission

En 2006, le Rapport sur le « refus de la mixité dans les services collectifs », rédigé par l'Inspection générale de l'administration, sur commande de Dominique de Villepin, avait en partie levé le voile sur une réalité pudiquement ignorée durant des années. On y relevait que les filles étaient largement exclues des activités sportives dans les quartiers dits « sensibles ». Que des collèges de ces mêmes quartiers avaient instauré des cours de gymnastique séparés pour les garçons et pour les filles, sous la pression d'associations de parents. Que, dans les cours de récréation, les relations entre garçons et filles étaient de plus en plus « brutales », sous l'affirmation d'un « pouvoir masculin ». Cette détérioration des relations entre hommes et femmes contribue à miner la recherche de l'égalité entre les sexes. Or celle-ci constitue l'un des objectifs de la culture de l'Europe moderne. Pourquoi fallait-il alors que le gouvernement, sous la pression de cette même Europe, fasse inscrire dans la loi pour la lutte contre les discriminations du 15 mai 2008, un alinéa à l'article 2 qui autorise « l'organisation d'enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe » ? On croyait savoir que la mixité à l'école était la norme, en France, depuis la loi Haby de 1975, soit plus d'une trentaine d'années. C'est d'autant plus troublant que cet amendement, d'abord supprimé à l'unanimité par la commission des affaires sociales du Sénat, a été réintroduit en catimini, sur pression du gouvernement. Le fait que cette atteinte au principe de mixité soit introduite à l'occasion d'un texte de lutte contre les discriminations n'est nullement paradoxal. Deux principes, en effet, s'affrontent. D'un côté, nos sociétés européennes entendent pratiquer une « politique de reconnaissance », qui passe par le droit des minorités ethniques et religieuses à cultiver leurs différences culturelles, quitte à l'imposer dans l'espace public. De l'autre, elles se réclament d'un certain nombre de valeurs que nous entendons imposer à ceux qui nous rejoignent : égalité, laïcité, autonomie personnelle, liberté d'expression - y compris en matière religieuse. Il s'avère que ces deux principes ne sont pas forcément compatibles. Une fois encore, se pose la question de l'équilibre à trouver entre ces deux tensions antagonistes.

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